En piste ! Après la publication du décret du 29 décembre 2025 entérinant la réforme du troisième cycle court des études de pharmacie (R3C), c’était, en début d’année, au tour de l’arrêté qui l’accompagne d’être publié au Journal officiel, le 11 janvier 2026. Ainsi, à compter de la rentrée universitaire de septembre 2026, la sixième et dernière année d’études de pharmacie des filières officine et industrie devient un diplôme d’études spécialisées (DES). « D’une durée d’un an, ces nouveaux DES dits « courts » ont été construits entre les acteurs de la profession, les étudiants et les universités, dans une approche par compétences et avec une forte dimension professionnalisante », rappellent les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur.
Deux stages professionnalisants
Concrètement, ce nouveau DES officine prévoit deux stages professionnalisants d’une durée de six mois chacun. Ils devront s’exercer au sein de deux officines différentes et seront complétés par des enseignements théoriques ciblés. Cette organisation vise à offrir aux futurs pharmaciens, « une immersion progressive dans la réalité du métier, tout en garantissant un socle académique solide », se félicitent les services des deux ministères. Qui n’oublient pas le difficile contexte démographique de plusieurs territoires.
Enrayer les déserts pharmaceutiques
Dans l’objectif de lutter contre l’émergence des déserts pharmaceutiques, les agences régionales de santé (ARS), aux côtés des commissions locales des facultés, joueront un rôle central dans l’agrément et la régulation des terrains de stage, afin de contribuer à un meilleur accès aux soins sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones les plus rurales, tout en assurant une formation de qualité, poursuivent ainsi les deux ministères.
Meilleures conditions de rémunération
Quant aux conditions de rémunération de cette dernière année de formation des étudiants du DES officine, elles « seront améliorées », s’engagent les tutelles.
La gratification de stage sera en effet doublée, pour atteindre un niveau similaire aux autres filières en santé d’un niveau de 3e cycle, incluant une indemnité de transport pour mieux accompagner les étudiants qui réaliseront leurs stages dans les territoires. Cet engagement sera financé par l’Assurance Maladie affirme le communiqué conjoint des deux ministres, sans qu’à ce stade, ses modalités pratiques soient encore définies.
« Ce sujet doit faire l’objet de négociations conventionnelles avec les syndicats d’officine », rappelle le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, manifestement favorable à cette réforme qui redéfinit la formation des étudiants afin de répondre aux évolutions de l’exercice pharmaceutique. « Elle privilégie désormais une approche fondée sur l’évaluation des compétences plutôt que sur celle des connaissances, tout en renforçant fortement la dimension professionnalisante du cursus, à l’appui des maîtres de stage », peut-on lire sur le site de l’institution ordinale.
Cette réforme « est un investissement pour l’avenir de la pharmacie et pour l’accès aux soins de nos concitoyens, partout sur le territoire », analyse la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Rejointe par son homologue de la rue Descartes, le ministre Philippe Baptiste pour qui, « cette nouvelle organisation de la formation (…) conforte aussi le rôle de l’université dans ses missions de formation et de recherche au plus près des territoires ».