L’idée de vivre éternellement nourrit les rêves les plus fous. Dans la Silicon Valley, des milliardaires comme Peter Thiel, ancien de Paypal, financent massivement la recherche pour réaliser l’impossible.
Plusieurs techniques ont déjà utilisées dans le passé :
- Alcor Life Extension Foundation, en Arizona, créée en 1972, conserve déjà plus de 200 corps par cryopréservation, dont celui du pionnier du bitcoin Hal Finney, mort en 2014.
- Bryan Johnson, 47 ans, s’est fait injecter le sang de son fils dans un documentaire Netflix (Don’t die). Il suit également un programme strict mêlant pilules, sport intensif, régime sévère, soins esthétiques et suivi médical, pour un coût annuel de 2 millions de dollars.
La recherche académique et l’essor du marché anti-âge
Depuis vingt ans, la biologie du vieillissement s’est imposée comme un champ scientifique, avec des formations spécifiques comme à Paris-Saclay. De nouvelles revues spécialisées sont même apparues (The Lancet Healthy Longevity, Nature Aging).
Pourtant, aucun traitement validé ne permet encore de bloquer ou d’inverser le vieillissement. Cela n’a pas empêché la prolifération de compléments alimentaires aux promesses anti-âge - quercétine, spermidine, resvératrol, NAD+… -, dont les effets chez l’humain restent incertains, et parfois risqués. Aux Etats-Unis, la société Ambrosia, qui proposait du plasma de jeunes donneurs à prix d’or, a vu ses activités interdites en 2019.
Par ailleurs, l’épigénétique s’attaque l’idée d’une fatalité génétique : au-delà de notre ADN, des modifications chimiques réversibles, influencées par la physiologie et l’environnement, pourraient activer ou désactiver des gènes. Une idée exploitée par l’industrie de la longévité.
De la fontaine de jouvence à la prévention
Dans une optique plus concrète, l’objectif évolue : non plus vivre éternellement, mais vieillir en bonne santé.
Des établissements de luxe comme La Prairie en Suisse proposent des programmes sur mesure, combinant nutrition, sport et bien-être, basés sur des bilans de santé ultra-poussés. Selon Forbes, le prix d’un programme « Revitalisation » dépassait 24.000 € pour 7 j/6 nuits en 2022.
À Paris, le centre Zoï propose des checkups complets pour 3.600€.
A Stockholm et à Londres, Neko Health offre des versions plus abordables avec un scan de tout le corps d’une heure pour 300£. Etant devenu viral, 10.000 personnes seraient sur liste d’attente selon The Independent.
Aux États-Unis, certaines salles de sport proposent aussi des offres spécifiques, incluant des analyses biologiques.
En France, des laboratoires comme Eurofins Biomnis ou Cerballiance développent des gammes de bilans préventifs sans ordonnance, axés sur la longévité et la détection précoce de maladies.
Les influenceurs de la longévité surfent aussi parfois sur des idées de bon sens, alimentation saine, exercice physique, mais présentées avec le vernis digital comme des innovations de rupture.
Un encadrement des pratiques
Selon le Journal Le Monde, afin de remettre de l’ordre dans toutes ces initiatives, certains spécialistes, dont Evelyne Bischof, directrice médicale au Sheba Longevity Center de Tel-Aviv, une clinique publique, ont fondé en 2022 la Healthy Longevity Medicine Society (HLMS). Cette organisation internationale à but non lucratif cherche à structurer et promouvoir un cadre pour la pratique de la médecine de la longévité.
Une liste de diagnostics devant en constituer la base a été établie, ainsi qu’un répertoire des thérapies et produits thérapeutiques autorisés. Cette association exclue ainsi les traitements par cellules souches ou les thérapies géniques.
Pour aller plus loin :
Tempoforme, une initiative du CHU de Lille