Marion Da Ros Poli : La thématique principale de ces JEP concernait les tutorats. Les JEP sont un congrès décentralisé, qui concerne les cinq filières des études en santé : Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie (MMOPK) où tous les étudiants en études de santé sont bien sûr invités. Nous étions environ 350 pour cette édition 2026.
Marion Da Ros Poli : C’est un dispositif d’entraide à moindre coût, entre étudiants, où un étudiant senior accompagne un junior. Il a été mis en place en réponse aux formules de formation proposées par les organismes de préparation privés qui sont très chères. Et cela fonctionne ! Les tutorats se démocratisent de plus en plus dans les facultés, à tel point que c’est même devenu quelque chose d’obligatoire au niveau de la loi. Des financements dédiés sont désormais alloués aux tutorats dans toutes les facs santé de France.
Marion Da Ros Poli : La plupart sont gratuits et pour ceux qui sont les plus chers, si je puis dire, on est à 100 euros par an à tout casser. En ce qui concerne sa philosophie et son mécanisme, il y a le côté entraide, mais aussi le côté bien-être, qui est un aspect sur lequel on essaye de s’axer encore plus, parce qu’on sait que la première année des études de santé est une période particulièrement difficile pour les nouveaux arrivants. Les tutorats c’est vraiment de la « pair-aidance », tant pour son volet pédagogique, que pour son accompagnement humain.
Marion Da Ros Poli : Tout à fait. Les tuteurs sont les premiers référents des étudiants en première année. Ils sont à même de repérer celles et ceux qui commencent à lâcher. Par exemple, ceux qui sont fatigués et qui ont envie d’arrêter ou les étudiants qui manifestent des symptômes de détresse psychosociale ou qui ont des idées suicidaires. Le tutorat est une aide immense, ne serait-ce que dans le repérage. On essaye de beaucoup former les tuteurs qui peuvent devenir des parrains ou des marraines. À ce titre, ils sont véritablement les confidents de l’étudiant en première année et ils pourront faire les premiers signalements si besoin. On est vraiment sur une structure qui initialement est là pour la pédagogie, mais qui, en fait, se décline sous plusieurs formes. Pour ma part, j’ai été présidente du tutorat de Corse. Cela a été une de expériences les plus fortes de ma vie. On voit parfois des choses très dures, on est frappé par la vulnérabilité de certains étudiants en première année.
Marion Da Ros Poli : Soit par sa fac de médecine, soit en contactant l’ANEMF. En outre, les tutorats sont assez présents sur les réseaux sociaux. En général il y a toujours des adresses mails de contact pour envoyer en message. Les contacts sont vraiment faciles à trouver. Enfin, il existe un site internet qui les recense tous : Tutorats santé.
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