Médicaments sans ordonnance : une liste élargie pour les maux du quotidien
Le groupement professionnel des laboratoires de médicaments de premier recours (NèreS) a récemment proposé d’élargir la liste des médicaments sans ordonnance, en se basant sur les principes déjà en vigueur pour le paracétamol : soit le patient achète le médicament qui lui a été prescrit et bénéficie alors du remboursement par la Sécurité sociale, soit il l’achète sans ordonnance et sans remboursement. Les 134 médicaments listés concernent des maux du quotidien : rhume, toux, digestion, conjonctivite allergique…
L’objectif clé ? Améliorer l’accès aux soins de premier recours dans un contexte marqué notamment par une désertification médicale persistante, et une montée en puissance des missions confiées aux pharmacies : vaccination, tests rapides d’orientation diagnostique (Trod), entretiens de bilan de prévention santé…
Une mesure qui divise les professionnels de santé
Selon un sondage réalisé par NérèS, 8 Français sur 10 seraient favorables à cette mesure. Les représentants des pharmaciens le sont également. Le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) plaide pour une dispensation sécurisée. Ainsi, pour certains médicaments sans ordonnance, il pourrait y avoir un protocole comme pour les antibiotiques en cas d’angine ou de cystite, conditionnés par la réalisation d’un Trod.
Du côté des médecins généralistes, la mesure de Nérès suscite une franche opposition, motivée par les risques sanitaires. Selon MG France, l’accès direct en pharmacie aux médicaments de premiers recours pourrait entraîner une perte de chance pour le patient, dans certaines situations cliniques.
In fine, c’est l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui décidera de la suite à donner à la liste que NérèS compte lui adresser prochainement.