Un remboursement réservé aux cas les plus sévères
Afin de ménager les finances de la Sécurité sociale, le remboursement ne concernera pour l’heure qu’une partie des personnes atteintes d’obésité.
Seuls pourront en bénéficier les patients souffrant
· d’obésité massive (IMC supérieur ou égal à 40 kg/m2 ) sans comorbidité
· ou d’obésité sévère (IMC supérieur ou égal à 35 kg/m2 ) accompagné d’une comorbidité.
La prescription interviendra uniquement en seconde intention, après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle, et devra être effectuée dans des structures spécialisées, comme les centres experts de l’obésité ou les CHU.
La HAS estimait, dans un avis publié en décembre 2025, que le nombre de patients potentiellement éligibles pourrait varier entre 1 et 2,1 millions de personnes. De son côté, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, évoque une cible d’environ un million de patients.
Mounjaro obtient également son remboursement dans le diabète de type 2.
Une mesure largement saluée
Du côté des associations de patients et des soignants, les réactions sont globalement positives.
Selon le journal Le Monde, Anne-Sophie Joly, présidente du Collectif national des associations d’obèses, parle d’une « excellente nouvelle », un avis partagé par Jean-François Thébaut, vice-président de la Fédération française des diabétiques. Celui-ci souligne notamment les bénéfices du Mounjaro en matière de perte de poids, d’équilibre glycémique et de prévention cardiovasculaire et rénale.
L’obésité touchant davantage les populations les plus précaires, le remboursement devrait permettre à des patients jusque-là freinés par le coût du traitement d’y accéder plus facilement.
Deux interrogations restent en suspens :
· Concernant la durée du traitement, certains spécialistes rappellent que l’arrêt des injections s’accompagne fréquemment d’une reprise du poids perdu.
· Et, certaines réserves subsistent quant à la capacité du système de santé à absorber une demande potentiellement massive compte tenu du nombre restreint de centres spécialisés habilités à prescrire ces traitements.
Une démocratisation du traitement
À partir de la mi-juin, les prix du Wegovy (sémaglutide) varieront entre 146,91 et 195,10 euros selon le dosage, tandis que ceux du Mounjaro iront de 176,10 à 433,80 euros.
Selon l’AFP, pour le président de Eli Lilly France, Marcel Lechanteur, le prix plus élevé du Mounjaro par rapport au Wegovy se justifie par le "niveau d'efficacité" du tirzépatide, lié à son "double mécanisme d'action" (GLP-1 plus une autre hormone gastro-intestinale, GIP), et par un délai plus rapide pour atteindre la dose permettant de maintenir l'effet recherché.
En avril 2026, 64.000 Français prenaient du Wegovy, indique Novo. Sachant que le Mounjaro revendique une part majoritaire du marché français des coupe-faim GLP-1 injectables devant le =
Cette mesure représenterait un coût d’environ 100 millions d’euros par an pour le système de santé, une fois les prescriptions pleinement déployées.
Wegovy, cela signifie que plus de 100.000 patients étaient déjà sous traitement en France.
De nouvelles innovations
Aux États-Unis, Novo Nordisk et Eli Lilly ont déjà lancé des versions orales de leurs traitements, sous forme de comprimés, destinées aux patients réticents aux injections. L’Agence européenne du médicament a d’ailleurs récemment rendu un avis favorable à la commercialisation en Europe d’une version orale du Wegovy.
Point d’attention : la fédération française des diabétiques (FFD) a appelé début juin les groupes pharmaceutiques à continuer à innover dans le traitement du diabète, craignant que cette maladie ne passe aux oubliettes face à l'essor du marché lié à l'obésité, qui fait figure d’eldorado.
Pour aller plus loin :
Le Monde. 4/06/2026 : Les traitements contre l’obésité mettent en ébullition des pans entiers de l’économie (alimentation, textile)