Les parapharmacies de la grande distribution (Leclerc, Carrefour, Monoprix et Auchan) n’ont capté que 11 % du marché. Malgré leur maillage territorial, les grandes surfaces alimentaires ne parviennent pas à résister à l’essor exponentiel des « méga-pharmacies » (Giphar, Aprium, Pharmabest…) et des acteurs du hard discount et du déstockage.
Le modèle gagnant du retail
Inspiré des modèles anglo-saxons, parti du Prado-Mermoz à Marseille, Pharmabest vient de fêter ses 10 ans. Ce réseau propose de grandes surfaces implantées dans les villes à grosse chalandise (plus de 70 000 habitants) et a affiché un chiffre d’affaires tout compris de 1,5 milliard d’euros en 2025.
Selon son dossier de presse, diffusé en 2024,
· la taille moyenne d’une pharmacie Pharmabest est passée de 200m2 à 700m2 en 7 ans.
· avec 25.000 produits en moyenne .
· il représente 3% des ventes de parapharmacies tous circuits confondus
· et ses points de vente dégage 9,5 millions d’euros de chiffre d’affaires.
· il compte plus de 1,4 million d’abonnés à son programme de fidélité et le MAG+ Pharmabest, son magazine mensuel, touche directement 400 000 foyers.
De son côté, Pharmacie Lafayette a mis en place pour communiquer un partenariat avec le Stade Toulousain. En 2024, elle a lancé une opération "Marques engagées, prix plaqués” afin de rappeler, selon ses propres termes, son engagement historique pour le développement et la commercialisation de produits respectueux de l’environnement et de la santé et accessibles à tous.
Carrefour en embuscade
Carrefour a décidé de dépoussiérer son offre en parapharmacie dans ses hypermarchés afin de doubler sa part de marché en trois ans et de rattraper son retard face à E.Leclerc, qui a pris de l’avance dans ce domaine.
· Son modèle commercial a été repensé, y compris le merchandising, les prix, la communication et les promotions, en s’appuyant aussi sur son important programme de fidélité.
· Le carrelage a été remplacé par un sol en vinyle avec des espaces bien délimités par des couleurs pastel zen.
· Les espaces parapharmacie vont passer d’environ 120 m² à 300 voire 500 m²
Le distributeur compte aussi anticiper les tendances en référençant de nouvelles marques et produits fashion, parfois repérés sur les réseaux sociaux grâce à l’IA. Et, il souhaite renforcer la dimension conseil, en créant une école de formation pour les équipes et en organisant des animations avec les marques.
Aujourd’hui, selon les Echos, une parapharmacie de cette enseigne réalise en moyenne 900 000 euros de chiffre d’affaires par an, mais l’entreprise espère grâce à cette métamorphose plus que doubler ce montant.
De son côté, sur son blog, Michel Edouard Leclerc, indiquait en octobre dernier que la parapharmacie, c’est 36 ans d’existence, un concept implanté dans 302 magasins, et près de 580 millions d’euros de chiffres d’affaires (+7,8%).
Pour lui, « L’accompagnement au vieillissement, le maintien de la forme physique, le soin de la peau, le bien-être, le droit au plaisir... doivent rester une promesse accessible ! »
Notons que face à la colère des pharmaciens, la CPAM du Val-d’Oise a annulé l’été dernier une animation santé qui devait se tenir dans une parapharmacie Leclerc. Une initiative finalement aussi jugée « inappropriée » par la caisse elle-même.
Las atouts du pharmacien
Les pharmaciens en parapharmacie disposent d’une solide expertise scientifique grâce à leurs connaissances en biologie, chimie et physiologie. Cela leur permet de comprendre la composition et les effets des produits distribués, comme les dermocosmétiques ou les compléments alimentaires.
Au-delà de leur approche éthique, la patientèle reconnaît aux pharmaciens, notamment de proximité, une capacité à prodiguer des conseils personnalisés. Ils inspirent confiance, ce qui favorise la fidélisation.
Ils peuvent aussi repérer certaines situations nécessitant un avis médical ou éviter de conseiller des produits incompatibles avec des traitements en cours.