Tik-Tok, Instagram, Facebook, X (anciennement Twitter) ou encore Bluesky et YouTube, les professionnels de santé sont de plus en plus présents sur les médias sociaux. Voici plusieurs règles à savoir pour interagir en toute quiétude avec ses "followers".
Désir de vulgariser sa pratique, de combattre les "fake news", ou tout simplement d'échanger avec ses confrères, les professionnels de santé sont de plus en plus nombreux à investir les réseaux sociaux. Avec succès. Citons, par exemple le Dr Louis Ben Dayan, cardiologue, qui sous le pseudonyme de Dr Tik Tok, comptabilise plus d'un million et demi de followers sur... TikTok. Ou encore le site de "lajeunegeriatre", créé par une docteure junior en gériatrie qui utilise les réseaux sociaux pour faire découvrir sa spécialité médicale et déconstruire les préjugés (plus de 32 000 followers) sur Instagram. Et celui de Thefrenchradiologist, qui a aussi le vent en poupe.
Une charte de bonne conduite en dix points
Face à ce phénomène en pleine expansion, le Conseil national de l'Ordre des médecins a édicté une charte de bonne conduite à destination des médecins qui souhaiteraient se lancer sur la toile et jouer le rôle d'influenceur. Son intitulé ? "Les 10 principes du médecin créateur de contenu responsable". Ces recommandations, qui ont été mises à jour en janvier 2025, peuvent, en substance, s'appliquer à toutes les professions de santé, notamment celles qui dépendent d'une institution ordinale.
Prohibition des moyens payants de référencement
En premier lieu, informer son ordre professionnel de cette activité. L'utilisation de moyens payants pour mieux référencer son contenu est strictement interdit. Le respect des règles en matière d’influence responsable implique de mentionner ses partenariats dans les contenus publiés. Ces derniers se doivent d'être datés, avec des sources explicites et détaillées qui seront mises à jour. Sont prohibées également, les promotions commerciales de tout produit de santé et les conseils médicaux personnalisés. Tout comme les promotions de "pratique ou thérapeutique non validée scientifiquement" et de sa propre activité et pratique médicale. Enfin, la prudence dans les contenus délivrés et la modération de ses propos dans les interactions avec les autres utilisateurs est de mise, poursuit le Cnom.
Pour consulter l'intégralité du contenu de la charte : https://www.conseil-national.medecin.fr/publications/actualites/charte-medecin-createur-contenu-responsable
À noter que le Conseil national de l'Ordre des médecins a travaillé avec des médecins créateurs de contenus sur les réseaux sociaux et avec des experts de YouTube pour élaborer cette charte de 10 principes. Elle "vise à rappeler le cadre éthique et déontologique qui se pose aux médecins, dans une approche en phase avec les pratiques de création de contenus sur les réseaux sociaux".
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Dr Jean-Jacques Fraslin, 67 ans, généraliste à Bouguenais (Loire-Atlantique) 31,5 K abonnés sur X
« Cela fait 17 ans que je suis sur Twitter, bien avant qu'il soit rebaptisé X »
« C'est la curiosité qui m'a guidé, au début nous étions très peu. Il n'y avait pas les fonctions qui existent aujourd'hui, les tweets étaient limités à 140 caractères, c'était la taille des premiers SMS. Mais assez vite nous avons monté une communauté de médecins, de scientifiques. Sur le fil d'échanges, nous discutions beaucoup de questions de médecine, de santé publique, de voitures électriques, d'écologie, de nucléaire, de science, mais aussi d'architecture, c'est très varié. Cela dit, je n'y passe pas tant de temps que ça, environ une demi-heure à une heure par jour. En règle générale je fais ça le soir ou très tôt le matin.
On peut échanger entre confrères sur un logiciel métier qui plante, l'utilisation de telle ou telle fonctionnalité. On organise aussi des tests et des quizz de médecine, des cas cliniques où on interpelle nos jeunes étudiants qui sont très contents de pouvoir répondre sur le hashtag #doctoctoc. C'est une manière numérique de rassembler la communauté des soignants.
Avant l'IA, face à des pathologies très complexes, on se servait de X ou Twitter pour trouver rapidement un médecin-expert. Et ça marchait bien, des tas de gens répondaient, des PU-PH, gentiment, nous proposaient des idées et des solutions sur la conduite à tenir ou en termes de diagnostic. Aujourd'hui, avec l'IA, ce genre de relations s'estompe. On obtient des réponses plus rapidement, mais on y perd en relations humaines.
L'autre évolution que j'ai constatée, avec la crise du Covid, c’est que nous avons commencé à avoir de vrais problèmes de harcèlement en ligne liés à la vaccination et aux théories du complot.
Ce que j'en ai appris ? Il faut toujours rester correct. Pour ma part, j'essaye toujours de répondre aux questions intéressantes de manière pédagogique, même si certaines peuvent paraître naïves. Chacun a le droit de poser des questions. Une telle approche permet de désamorcer beaucoup de choses. Même quand on est agressé on peut toujours répondre sur la partie positive de la question »
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