La Fédération Hospitalière de France présentait ce mardi 17 mars, les résultats de la troisième édition de son baromètre (en partenariat avec Ipsos BVA)* sur l’accès aux soins. Et le tableau n’est guère reluisant. En effet, selon les chiffres de la FHF, 73 % des Français (contre 63% en 2024) déclarent avoir renoncé à au moins un acte de soins au cours des cinq dernières années.Ce qui représente quelque 7 millions de personnes supplémentaires concernées.
Hausse des délais de rendez-vous
Dans plus de la moitié des cas, ce renoncement s’explique par l’allongement des délais d’attente, explique la FHF. Qui met en avant plusieurs exemples concrets :
- Près de 2 semaines pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste, contre 4 jours en 2019 ;
- 4 mois pour un dermatologue, contre 2 mois en 2019 ;
- 3 mois pour un cardiologue, contre 1 mois et demi en 2019.
Soutien des Français face aux conditions de travail des hospitaliers
Sans surprise, neuf Français sur dix avouent être « en colère » face au manque de moyens alloués à l’hôpital et aux conditions de travail des soignants. Tout en déclarant leur soutien à ces derniers. Ils sont ainsi 95% à exprimer leur reconnaissance quant à l’effort du personnel hospitalier pour maintenir la qualité des soins. Quant à la question des principales raisons de leur renoncement aux soins, 40% des Français, déclarent le faire pour des raisons financières.
Situation tendue sur tout le territoire
« Dans l’ensemble, ces résultats mettent en évidence une situation tendue sur l’ensemble du territoire mais également des fractures territoriales importantes sur certaines spécialités », analyse la FHF. Qui pointe aussi du doigt une évolution des tendances particulièrement préoccupantes chez les jeunes générations dans leur rapport au système de santé : « le renoncement aux soins atteint 85 % des moins de 35 ans, tandis qu’ils sont également 57 % à s’être déjà rendus aux urgences pour des raisons qui ne relevaient pas d’une urgence médicale ». Les difficultés que rencontrent les services d’urgences publiques ces dernières années sont donc, en large partie, la résultante de la dégradation de l’accès aux soins en dehors des murs de l’hôpital, diagnostique la Fédération des hôpitaux publics. Qui continue à plaider pour une grande loi de programmation en santé, comme celles qui existent pour la défense ou la justice.
* Sondage Ipsos pour la FHF (échantillon représentatif de 2.500 personnes, par Internet)