Dr Philippe Olivier : J'exerce aujourd’hui exclusivement l’expertise médico-légale, au service de l’assistance et la défense des anesthésistes-réanimateurs ou d’autres spécialités dans le périmètre de ma spécialité. Dans mon parcours professionnel, j'ai débuté comme néphrologue, axé sur la réanimation polyvalente. Je me suis finalement tourné vers l'anesthésie-réanimation, une spécialité qui m’attirait et que j'ai exercée à l'AP-HP pendant plusieurs années, puis en libéral.
Dr Philippe Olivier : J'interviens essentiellement pour les dossiers concernant les praticiens libéraux. Mon rôle au sein de La Médicale est de gérer tous les dossiers d’anesthésie-réanimation et les procédures contre nos assurés. Il existe des dossiers dont les problématiques reviennent de façon régulière, ce qui fera d’ailleurs l’objet de mon intervention au congrès de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR) le 18 septembre, afin de sensibiliser les médecins dans une démarche de prévention. Je peux citer le bris dentaire qui est la réclamation la plus fréquente et qui n’a pas d’enjeu financier majeur, même si une dent cassée est forcément un problème pour un patient et le médecin. Nous avons surtout des dossiers portant sur tous les types de complications qui peuvent survenir au bloc opératoire ou en post-opératoire. Ces dossiers concernent des séquelles majeures comme des lésions nerveuses, des lésions cérébrales consécutives à des hypoxies peropératoires ou des arrêts cardiaques... ou des dossiers dont la prise en charge qui n’a pas été optimale, entraînant une perte de chance de survie pour les patients. Dans 50 % à 60 % des cas, la responsabilité du médecin n’est pas retenue.
Nous ne laissons jamais nos assurés démunis face à un tel type de situation qui peut générer beaucoup de stress et de détresse. Une hotline existe pour pouvoir répondre à l’assuré 24 heures sur 24. En réponse, l’accompagnement doit toujours être adapté.
Dr Philippe Olivier : Globalement, si on prend un pool de cent anesthésistes-réanimateurs, en moyenne, 8% seront mis en cause tous les ans, toutes procédures confondues : réclamation amiable, une procédure devant la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI), devant le tribunal judiciaire ou une procédure pénale. En moyenne, un anesthésiste réanimateur a 3 à 4 procédures dans sa carrière. Elles peuvent durer plusieurs années et sont toujours un facteur de stress, voire de remise en question forte pour le médecin. Nous remarquons une légère diminution du nombre de dossiers pour la spécialité des anesthésistes réanimateurs, probablement par la mise en place de protocoles standardisés de prise en charge et par une sensibilisation croissante des médecins au risque médico-légal. Mais les indemnisations sont en constante augmentation par une surévaluation des postes de préjudices. C’est une donnée très importante, car certains dossiers de demande d'indemnisation se chiffrent en millions d’euros. Les enjeux de tels dossiers peuvent donc être financièrement très importants et c’est le rôle de l’assureur d’en assurer la gestion. Ceci ne devant pas faire oublier le caractère humain et la place de l’assuré médecin ou du professionnel de santé assuré à La Médicale.
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