Accès direct en kinésithérapie : les situations où la prescription médicale n'est pas requise
La désertification médicale, le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques sont autant de réalités qui plaident pour un rôle élargi du kinésithérapeute dans le parcours de soins, notamment pour réduire les délais de prise en charge des patients. Depuis la loi Rist 2 du 19 mai 2023, ce rôle est reconnu juridiquement. Dans plusieurs situations, le kinésithérapeute peut être le premier recours du patient, sans attendre une prescription médicale.
Le cadre le plus solide est celui de l'accès direct en kinésithérapie dans un établissement de santé, médico-social, ou une structure d'exercice coordonné (maison de santé, centre de santé, équipe de soins primaires ou spécialisés). Lorsque le patient ne dispose d'aucun diagnostic médical préalable, les séances sont limitées à huit sur un même épisode de soins, dans un délai de trois mois. En revanche, en cas de présence d’un justificatif d’un diagnostic préalable (ALD, compte-rendu d’opération ou d’hospitalisation ou médical, prescription médicale antérieure, information du médecin traitant ou coordinateur) cette limite ne s'applique pas, sous réserve de respecter les recommandations de la HAS.
Deux autres situations complètent ce tableau : l'urgence (par exemple une entorse à la cheville), qui autorise les premiers soins en l'absence d'un médecin, ainsi que les activités non thérapeutiques (prévention, bien-être, entretien, esthétique) ouvertes à tous les kinésithérapeutes.
Accès direct en CPTS : ce que change l'expérimentation pour votre pratique
Depuis mai 2025, vingt départements* participent à une expérimentation de 4 ans qui étend l'accès direct aux kinésithérapeutes adhérents d'une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS). Pour y participer, la démarche est simple : se déclarer auprès de son Agence Régionale de Santé, en joignant un justificatif d'adhésion à une CPTS.
Les règles de prise en charge sont identiques à celles du droit commun : bilan initial, huit séances maximum en l’absence de diagnostic préalable, compte-rendu des soins à adresser au patient et à son médecin traitant.
*Aude, Deux-Sèvres, Côtes d’Armor, Gers, Haute-Corse, Haut-Rhin, Isère, Loiret, Martinique, Mayotte, Meurthe-et-Moselle, Nord, Réunion, Rhône, Seine-Maritime, Tarn, Var, Vendée, Yonne, Yvelines