En 2024, l’Ordre recensait 109 611 professionnels inscrits, dont plus de 106 000 en activité. Une hausse nette par rapport à 2022 (+7,9%), qui confirme l’attractivité du métier.
Cette hausse est plus rapide que celle de la population, puisque le nombre de masseurs-kinésithérapeutes pour 10 000 habitants est passé de 12,24 en 2016, à 14 en 2020, puis 15,58 en 2024.
Mais cette croissance repose toujours sur un modèle très spécifique :
- près de 85 % des kinés exercent en libéral (90 500),
- contre seulement 15 % en salariat.
Un déséquilibre structurel, même si le salariat attire davantage les femmes : elles y sont deux fois plus nombreuses que les hommes (10 829 contre 5 020), alors que la répartition est quasiment équilibrée en libéral.
De fortes disparités régionales
Au-delà de cette croissance globale, la répartition territoriale reste très inégale. Sur le terrain, la géographie des soins reste en effet très contrastée.
Certaines régions sont bien dotées, comme la Provence-Alpes-Côte d’Azur, tandis que d’autres restent en tension, à l’image de la Normandie ou de l’Île-de-France.
C’est ce qui ressort des chiffres tirés du rapport d’activité 2024 sur le nombre de kinés et la population associée :
- Île-de-France :
- 17 297 kinés
- pour plus de 12 millions d’habitants
- soit environ 13,9 kinés pour 10 000 habitants
- Provence-Alpes-Côte d’Azur :
- 11 047 kinés
- pour 5,2 millions d’habitants
- soit environ 21,1 kinés pour 10 000 habitants
- Occitanie :
- 13 080 kinés
- pour 6,2 millions d’habitants
- soit environ 21,1 kinés pour 10 000 habitants
- Normandie :
- 4 125 kinés
- pour 3,3 millions d’habitants
- soit environ 12,3 kinés pour 10 000 habitants
Les écarts sont encore plus frappants outre-mer :
- Guadeloupe, Martinique et la Réunion : plus de 23 kinés pour 10 000 habitants
- Guyane :
- 115 kinés
- pour 292.000 habitants
- soit environ 3,9 kinés pour 10 000 habitants
Comparaisons avec certains voisins
Cette situation prend encore plus de sens lorsqu’on la compare à l’échelle européenne.
Globalement, la densité progresse donc dans l’hexagone, atteignant 15,58 kinés pour 10 000 habitants en 2024. Mais, cette amélioration réelle ne suffit pas à combler le retard français face à certains de nos voisins.
Voici quelques exemples observés en Europe (nombre de kinés pour 10 000 habitants) au 30/06/2024 en Europe :
- Belgique : ≈ 35,1
- Danemark : ≈ 34,5
- Allemagne : ≈ 24,3
Mais, la situation est bien plus dégradée en Italie ou en Roumanie, avec des densités respectives d’environ 12,2 et de 4 kinés pour 10 000 habitants.
Une grande variété de diplômés
Autre tendance marquante : l’origine des diplômes.
Si la majorité des praticiens (68%) est formée en France (près de 75 000), plus de 34 000 masseurs-kinésithérapeutes sont diplômés dans un autre pays de l’Union européenne, signe d’une ouverture croissante, mais aussi d’une dépendance partielle au recrutement extérieur.
Et, plus marginalement, 1% ne sont pas diplômés dans l’UE.
Finalement, la profession de masseur-kinésithérapeute connaît une croissance soutenue, mais reste marquée par de fortes inégalités territoriales et une dépendance partielle aux diplômés étrangers. Un enjeu central pour l’accès aux soins dans les années à venir.
Source :
Rapport d’activité 2024 du Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes publié le 15 septembre 2025
https://www.ordremk.fr/actualites/ordre/rapport-d**activite-2024/