Une immersion dans le froid extrême
Deux modalités sont en général proposées à ceux qui souhaitent y prendre part :
- l’exposition tête comprise dans une chambre cryogénique pendant 2 à 3 minutes à un froid sec (-110 à -170°C) ;
- et l’exposition dans une cabine cryogénique ouverte au niveau de la partie supérieure afin que la tête ne soit pas exposée, à un nuage de gaz liquéfié à très faibles températures (-110 à -195°C).
Durant une séance, la personne porte peu de vêtements mais conserve des protections essentielles : gants, bandeau couvrant les oreilles, masque pour le nez et la bouche, ainsi que des chaussures et chaussettes sèches afin de limiter les risques de blessures liées au froid.
Même si cette approche manque de preuves scientifiques , elle suscite un engouement croissant dans le monde sportif, comme à Roland Garros. Certains spas surfent aussi sur cette tendance.
Pourquoi les sportifs y ont recours
De nombreux athlètes utilisent déjà des bains glacés ou des expositions au froid afin de favoriser la récupération après l’effort. L’objectif est de réduire l’inflammation et de soulager les douleurs musculaires après un effort intense.
La recherche sur la cryothérapie est encore balbutiante, mais certains résultats semblent prometteurs :
- Polyarthrite rhumatoïde
Plusieurs études montrent qu’une exposition très brève à des températures extrêmement basses pourrait contribuer à diminuer la douleur et améliorer la mobilité chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde. Certaines observations indiquent aussi une réduction de marqueurs inflammatoires, suggérant un effet biologique réel.
- Sclérose en plaques
Les données restent limitées, mais une étude a observé des bénéfices antioxydants chez des patients atteints de sclérose en plaques, un élément potentiellement intéressant dans les maladies neurodégénératives.
- Douleurs lombaires chroniques
Des recherches préliminaires suggèrent également un effet positif sur les douleurs lombaires chroniques, avec une réduction de certains marqueurs inflammatoires.
- Fibrillation auriculaire
Dans le cas de trouble du rythme cardiaque, persistante et résistante aux traitements médicamenteux, les chirurgiens ont souvent recours à un cryoballon, une technique de cryothérapie qui crée de petites cicatrices pour interrompre les signaux électriques à l'origine des arythmies.
Cette technique aurait selon ses promoteurs aussi des bénéfices en matière de perte de poids, de santé mentale et de sommeil.
Faut-il se laisser tenter ?
Le consensus scientifique reste plus nuancé que le discours commercial. Les données les plus solides concernent un possible soulagement à court terme des douleurs musculaires et une sensation subjective de meilleure récupération chez certains sportifs.
En revanche, rien n’indique encore de manière irréfutable d’autres bénéfices souvent mis en avant comme la perte de poids ou la longévité.
Des chercheurs soulignent également que les résultats varient selon les protocoles : température réelle, durée d’exposition, fréquence des séances et profil des participants.
Si la cryothérapie est généralement bien tolérée lorsqu’elle est pratiquée dans des structures encadrées, elle demeure toutefois déconseillée à certaines personnes, notamment celles souffrant de maladies cardiovasculaires, d’hypertension non stabilisée, de syndrome de Raynaud, de troubles circulatoires sévères ou d’hypersensibilité au froid.
Avant d’opter pour cette solution séduisante, mais dont les risques sont bien documentés, il est préférable d’en discuter avec un professionnel de santé.
Pour aller plus loin :
Vidal : La cryothérapie du corps entier : en vogue, mais sans données fiables
Le Monde. Avril 2025. Fuite d’azote lors d’une séance de cryothérapie à Paris : la deuxième victime en état de mort cérébrale