La délivrance pharmaceutique ne se limite pas à la remise du médicament : elle implique une analyse, un conseil et une traçabilité. Une dispensation sécurisée constitue un levier essentiel de prévention des risques pour le patient et de protection du pharmacien.
Quelles sont les erreurs les plus fréquemment rencontrées ?
1/ Une ordonnance correcte mais une délivrance inadaptée
⚠️ Une mauvaise délivrance, délivrance incomplète ou mal expliquée peut entraîner un surdosage, une inefficacité du traitement ou des effets indésirables évitables.
L’erreur du pharmacien (ou de son équipe officinale) dans la délivrance du médicament en raison d’une mauvaise lecture ou compréhension de l’ordonnance est susceptible d’engager sa responsabilité.
· Erreur de posologie ou de durée de traitement lors de l’explication orale au patient ;
· Remplacement inapproprié (dosage, principe actif…) ;
· Défaut d’information du patient sur les modalités d’administration, les précautions d’emploi ou les spécificités du traitement ;
· Confusion entre patients ou entre médicaments.
2/ Une ordonnance comportant une anomalie non détectée
⚠️ L’absence de vérification ou de questionnement face à une prescription atypique peut engager la responsabilité du dispensateur.
La responsabilité du pharmacien peut être recherchée même en cas de bonne délivrance d’un médicament qui aurait été mal prescrit par le praticien.
· Absence de vérification de la cohérence de la prescription ;
· Délivrance d’un médicament inadapté à l’espèce ou à l’état de santé du patient ;
· Non-prise en compte des interactions médicamenteuses ou du terrain du patient ;
· Lecture insuffisante d’une ordonnance manuscrite ou ambiguë sans contact du prescripteur.
Quelles sont les conséquences prévisibles de ces erreurs ?
1/ Pour le patient
· Inefficacité thérapeutique ou surdosage médicamenteux.
· Effets indésirables, interactions ou complications médicales.
2/ Pour le pharmacien
· Mise en cause de la responsabilité civile professionnelle.
· Procédures disciplinaires ou contentieuses.
· Atteinte à la réputation officinale.
4 bonnes pratiques pour prévenir les erreurs de délivrance
1/ Une lecture attentive et critique de l’ordonnance · Vérifier la cohérence du médicament, de la posologie et de l’indication. · Être particulièrement vigilant en cas de prescription inhabituelle ou ambiguë. · Ne pas hésiter à contacter le prescripteur en cas de doute.
2/ Une délivrance conforme et sécurisée · S’assurer de la stricte correspondance entre le médicament prescrit et celui délivré. · Encadrer les substitutions et en expliquer clairement les conséquences au patient.
3/ Une information orale claire et personnalisée · Expliquer systématiquement la posologie, la durée et les modalités de prise. · Attirer l’attention sur les précautions spécifiques et les risques d’erreur d’usage. · Vérifier la bonne compréhension du patient (reformulation).
4/ Une traçabilité des échanges et interventions · Noter dans le dossier pharmaceutique toute difficulté, contact prescripteur ou adaptation. · Conserver la preuve des conseils délivrés en cas de situation sensible. |