Étudiants en médecine, internes, remplaçants, médecins généralistes et spécialistes libéraux, spécialités de bloc exerçant en clinique… Tous concernés ! En réponse à ce qu’ils définissent comme une attaque en règle, à la fois contre l’indépendance de leur profession et contre l’avenir des soins de proximité, la quasi-totalité des syndicats médicaux libéraux appellent leurs troupes, toutes générations confondues, à « un arrêt d’activité entre le 5 et le 15 janvier 2026 ». Un mouvement concerté dont le premier point d’orgue devrait consister en une manifestation nationale des blouses blanches, à Paris, le samedi 10 janvier.
Opération Exil à Bruxelles
Suivi, le lendemain, par un exil symbolique de plusieurs jours (du 11 au 14 janvier) des spécialités libérales de bloc opératoire, dans la capitale belge, siège du Conseil européen. Le nom de code de cette action annoncée au mois d’octobre dernier ? L’« Opération Bruxelles ». Au tout dernier recensement, plus de 2 000 spécialistes -chirurgiens, gynécologues, anesthésistes- embarqueront dans les cars affrétés depuis Paris, pour l’occasion. Avec à leurs côtés, plusieurs de leurs benjamins, notamment de l’Intersyndicale nationale des internes (Isni). Dont leur présidente, Mélanie Debarreix. « Nous appelons les internes à faire grève du 5 au 15 janvier ».
Lettre ouverte de la Ministre
Le retrait de plusieurs mesures urticantes (comme l’abandon de la surcotisation sur les compléments d’honoraires des médecins en secteur 2), du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (PLFSS) adopté le 16 décembre dernier, n’aura donc, semble-t-il, rien changé à la détermination de la profession. Pas plus que le courrier en date du 31 décembre, adressé aux médecins libéraux par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist : « Je souhaite m'adresser à vous pour dissiper des malentendus et renouer un dialogue qui, manifestement, s'est distendu », écrivait la locataire de Ségur dans une lettre ouverte aux principales organisations du secteur. Peine perdue ? Il semblerait.
La médecine libérale au bord du précipice ?
Droite dans ses bottes, l’intersyndicale des médecins libéraux* continue d’estimer que « la loi de Finances de la Sécurité Sociale 2026 acte un choix clair : celui d’étouffer la médecine libérale par des mesures répressives ». En l’occurrence, par l’ouverture d’une possible baisse autoritaire des tarifs des actes de la Classification Commune des Actes Médicaux (CCAM) par le Directeur général de la Cnam, faute d’accord conventionnel. Ou encore par le déclenchement de Mises Sous Objectifs (MSO) obligatoires des médecins généralistes par les Caisses d’assurance maladie en cas de prescriptions d’arrêts de travail jugées excessives. Des campagnes de contrôles qui « ciblent les malades et les médecins au lieu d’aller traiter les causes des arrêts maladie », jugent les syndicats. « La médecine libérale française est aujourd'hui au bord du précipice », résume la Confédération syndicale des médecins de France (CSMF). « Huit consultations médicales sur dix, six actes chirurgicaux sur dix, l'immense majorité de la radiologie et des endoscopies digestives reposent sur des médecins libéraux. Ce sont eux qui font tenir, au quotidien, un système de santé déjà fragilisé », rappelle la centrale polycatégorielle.
* Avenir Spé - Le Bloc, CSMF, FMF, MG France, SML, UFML-S, Jeunes Médecins, Médecins Pour Demain, ANEMF, ISNAR-IMG, ISNI, REAGJIR, COMELI