La France traverse depuis mai 2026 une séquence caniculaire sans précédent : trois vagues de chaleur se sont succédé en moins de trois mois, dont un troisième épisode marqué par de nouveaux records de chaleur. Dans ce contexte, les premières données publiées par Santé publique France sur la mortalité pendant la canicule de juin prennent un relief particulier.
Une surmortalité qui échappe aux structures de soin
Sur la semaine du 22 au 28 juin 2026, les décès toutes causes confondues ont augmenté de près de 30 %. Si 85 % d’entre eux concernent les personnes de 65 ans et plus, toutes les tranches d'âge sont touchées.
Le fait le plus marquant de ce premier bilan est la surmortalité à domicile : + 91 % sur la semaine, très largement au-dessus de la hausse enregistrée en EHPAD (+ 37 %) et en établissement hospitalier (+ 19,7 %). L'Île-de-France concentre une part importante de cette surmortalité à domicile. Ce constat rappelle avec acuité la situation des personnes isolées.
Une mortalité sous-estimée
Ces chiffres doivent être lus avec prudence. Le système de surveillance de Santé publique France, basé sur la remontée des certificats électroniques de décès, ne couvre habituellement qu'environ 60 % de la mortalité nationale, et seulement 25 % des décès survenant à domicile. La mortalité réelle est donc supérieure aux données actuellement disponibles. Un bulletin consolidé sera publié prochainement par Santé publique France.
Pour replacer ces données dans une perspective plus large, il faut savoir que l’on observe chaque année entre 7 et 12 % de la mortalité estivale durant les canicules. Cependant la comparaison entre les années reste complexe car chaque vague de chaleur présente ses propres caractéristiques en termes de durée, d'intensité et de population exposée.