Les dernières actualités . Mot clé : patient

Le patient, acteur de sa santé

publiée le 05 mars 2020

Les patients deviennent de plus en plus acteurs de leur santé, en raison de la disponibilité d’informations sur internet. Certains malades chroniques endossent même un rôle de patient-partenaire au service de leur traitement mais aussi de l’éducation thérapeutique d’autres patients.

Des patients-consommateurs au service de leur santé

Avec l’essor des objets connectés et de l’information santé sur internet, l’individu bouscule le colloque médecin/patient, dans une logique qui s’apparente de plus de plus à celle d’un « consommateur en recherche d’expérience-santé » comme l’analyse KPMG. Qu’il soit malade ou en bonne santé, l’individu attend dans le premier cas une prise en charge et des traitements personnalisés, et dans le second cas il cherche à gérer son capital-santé. Ce nouveau rapport à la santé incite les professionnels à évoluer : les médecins vers du coaching en santé, les pharmaciens vers du conseil préventif…
Malgré la place grandissante d’internet dans l’information santé, les plus de 40 ans font encore largement confiance aux professionnels de santé. À l’inverse, la génération Z, nativement connectée, est davantage sensible aux messages de son entourage délivrés par les réseaux sociaux, avec les dangers que représentent les fausses informations qui peuvent circuler sur internet.

L’émergence du patient-partenaire au service du système de santé

Les professionnels de santé sont également invités par leurs patients à entrer dans une nouvelle relation de partenaires. En effet, les patients atteints de maladies chroniques ou de cancers ont développé une forme d’expertise non pas de leur pathologie mais de l’expérience vécue de la maladie. Ces « patients-partenaires », également appelés « patients-experts », deviennent des ressources non seulement pour améliorer leur traitement mais également pour venir en aide aux autres patients au sein d’associations ou d’établissements de santé. 
En France, ces patients peuvent se retrouver intégrés à une équipe de soignants pour animer des ateliers d’éducation thérapeutique, sous réserve d’avoir suivi une formation d’au moins 40 heures. Les patients peuvent même suivre des parcours de formation diplômants à Paris, Grenoble et Marseille.
De son côté, la Fédération française des diabétiques forme elle-même des bénévoles diabétiques pour qu’ils puissent animer des rencontres entre patients, dans le cadre du programme Elan solidaire.

Comment les dermatologues franciliens s’organisent pour répondre aux besoins

publiée le 18 février 2020

C’est en Ile-de-France qu’a vu le jour fin 2019 la première « équipe de soins spécialisés » dans l’hexagone. Cette création a été rendue possible par le législateur depuis juillet dernier. On vous explique pourquoi.

De 2009 à 2017, le nombre de dermatologues libéraux franciliens a baissé d’un quart. La Seine-et-Marne en a même perdu 40 % en huit ans. 
Une tendance qui va s’accentuer, puisque 62% des 682 praticiens actuellement en poste dans la région ont plus de 60 ans (source : étude URPS 2019)
Face à ce défi, les dermatologues libéraux viennent de mettre en place pour l’Ile-de-France une Équipe de soins spécialisés en dermatologie et vénéréologie (ESSDV) avec le soutien de l’Agence régionale de santé (ARS) et de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) médecins libéraux Ile-de-France. 
Il s’agit de la première équipe de soins de ce type en France. C’est la loi du 24 juillet 2019 (article L. 1411-11-1 du code de la santé publique, repris en annexe) qui en a ouvert la possibilité.

Favoriser l'accès à l'avis d'un spécialiste

L’idée sous-jacente est de permettre au plus grand nombre de patients d’avoir accès à la meilleure expertise en dermatologie. 
Il s’agit d’optimiser « la bonne ressource au bon moment » grâce en particulier à une coordination des soins entre les médecins de ville et les centres de références publics et privés en dermatologie, et au développement de la Télé-Dermatologie.
Les médecins généralistes pourront, via une plate-forme, trouver le dermatologue compètent dans un domaine précis, disponible et à proximité du lieu de résidence du patient.

De nombreuses missions

Concrètement, l’inauguration de l’ESSDV s’est faite le 12 décembre dernier, via la signature d’un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) entre l’ARS et l’URPS médecins libéraux Île-de-France.
Ses moyens vont être consacrés à différentes missions, dont les suivantes :
  • travailler main dans la main avec les centres de références en dermatologie hospitaliers franciliens, publics et privés, les médecins de ville et des organisations telles que les CPTS, les professionnels de santé, dans une logique de parcours.
  • contribuer aux programmes de prévention du cancer de la peau en relayant les campagnes effectuées au niveau national.
  • mettre en œuvre les programmes de formation et d’échanges de pratiques entre médecins de ville premier et second recours, par des programmes présentiels ou à distance ;
  • expérimenter, promouvoir et financer les prises en charge en télé-expertise entre les médecins référents et spécialistes ;
Fin 2019, 40 dermatologues libéraux franciliens avaient d’ores et déjà adhéré à l’ESSDV. Les 18 premiers mois vont être consacrés à structurer la démarche entre les différentes parties prenantes et à recruter davantage de dermatologues libéraux. 



A terme, on peut imaginer que d’autres professionnels de santé s’en inspirent. En effet, selon l’URPS, la part des plus de 65 ans est aussi inquiétante dans d’autres spécialités en Ile-de-France comme chez médecins libéraux en psychiatrie (44%), ainsi qu’en gynécologie (37%) et en rhumatologie (24%).

Annexe 
L'article L. 1411-11-1 du code de la santé publique a été complété en juillet 2019 par deux alinéas ainsi rédigés :
  • « Une équipe de soins spécialisés est un ensemble de professionnels de santé constitué autour de médecins spécialistes d'une ou plusieurs spécialités hors médecine générale, choisissant d'assurer leurs activités de soins de façon coordonnée avec l'ensemble des acteurs d'un territoire, dont les équipes de soins primaires, sur la base d'un projet de santé qu'ils élaborent entre eux.
  • « L'équipe de soins spécialisés contribue avec les acteurs des soins de premier recours à la structuration des parcours de santé. »
Crédit photo : URPS médecins IDF

Health Data Hub : la recherche passe à la vitesse supérieure

publiée le 10 février 2020

Pour l’anecdote, la création du Health Data Hub (HDH) trouve son origine dans un rapport sur l’Intelligence artificielle remis au chef de l’Etat en 2018 par le député mathématicien Cédric Villani… Pour autant, le HDH s’inscrit dans un mouvement déjà amorcé depuis 2016. En effet, c’est à ce moment que le Système national des données de santé (SNDS) a commencé à regrouper un certain nombre de bases de données. Mais avec le Health Data Hub, le changement d’échelle est de taille.

Concrètement, en plus des données de l’Assurance Maladie, les chercheurs auront, par exemple, également accès à d’autres bases de données, comme celles des passages aux urgences (16 millions par an) ou encore aux dossiers de 1,5 million de patients fournis par l’Institut national du cancer. « L’objectif du Hub est de décloisonner la structuration actuelle des données de santé françaises. D’une part, avec l’Assurance Maladie, nous disposons d’une base de données de remboursement, qui figure parmi les plus performantes du monde. Tandis que d’autre part, les données cliniques comme les scanners par exemple sont, elles, éparpillées entre les professionnels libéraux et les établissements de santé. L’idée est de les réunir et que les chercheurs puissent entraîner des algorithmes sur des bases de données désormais transversales. », explique David Gruson, spécialiste du secteur. Avec le « Hub », donc, ces métadonnées, toujours anonymisées, seront rassemblées. Et placées sous haute surveillance.

Garanties de sécurité

En effet, le Health Data Hub, placé sous l’autorité du ministère de la Santé est protégé par la Commission nationale informatique et liberté (CNIL). Son accès est réservé aux équipes de recherche qui ont développé « une application à base d’intelligence artificielle » à destination des professionnels de santé ou des patients. En clair, l’analyse des données santé réalisée par les chercheurs doivent s’inscrire dans un projet contribuant à faire avancer la prévention ou la thérapie dans tel ou tel domaine médical. Ils doivent en faire la demande auprès de la CNIL qui donne, ou non, son aval. 
Seulement, certains spécialistes ont fait part de leur réserve quant à la réelle sécurisation de l’accès à ces informations. En effet, le Health Data Hub est hébergé par un service de Microsoft, l’une des rares entités à pouvoir accueillir un tel volume d’éléments. Une inquiétude que tempérait, lors de l’annonce officielle de la création du HDH, la cheffe du projet à la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé, Stéphanie Combes. Cette dernière indiquant que la donnée hébergée par l’un des membres des Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) est chiffrée et que la clef n’est pas détenue par Microsoft. En outre, les différents tests anti-« hacking » (piratage) développés par les services ad hoc du ministère ont tous fait preuve de leur efficience. 
Dernière information, le Health Data Hub est prévu pour être opérationnel au mois de mai prochain.

8 médecins généralistes sur 10 acceptent de prendre en charge les soins non programmés

publiée le 04 février 2020

Les soins non programmés représentent une part significative de l’activité des médecins généralistes libéraux. Une étude de la Drees* publiée en janvier dernier s’est penchée sur la question. Plus de 3.000 médecins ont répondu à ce questionnaire.

La notion de soins non programmés correspond aux demandes de consultation, quel qu’en soit la raison, pour le jour même ou le lendemain, adressées aux médecins généralistes pendant les horaires d’ouverture de leurs cabinets.

Un taux élevé de prise en charge

D’après le Panel d’observation des pratiques et conditions d’exercice en médecine générale, 82% des médecins généralistes ont mis en place une organisation au quotidien qui leur permet de dispenser les soins non programmés. Concrètement, certains d’entre eux proposent, par exemple, des plages de consultations sans rendez-vous. C’est le cas au moins une fois par semaine pour 45 % d’entre eux.

Ces demandes non programmées représentent plus de 30% de l’activité d’une semaine ordinaire pour 4 médecins généralistes sur 10.
  • 28% des généralistes garantissent même à la totalité des demandes de soins non programmés,
  •  
  • et 45% à plus de la moitié.
Néanmoins, les consultations de dernière minute chutent à moins de 10% du nombre de visites total chez un médecin sur 10.

Pour ce type de demandes, le généraliste accorde plus souvent une consultation le jour même lorsqu’il s’agit de patients dont il est le médecin traitant. Les consultations non programmées durent en moyenne 16 minutes, ce qui est plus court qu’une visite programmée (18 minutes).

La Drees a également fait le point sur les cabinets médicaux. Plus de la moitié d’entre eux offrent une prise en charge des soins non programmés en permanence. Seuls 4% des cabinets ne sont pas organisés pour le faire. 

Une situation contrastée

Le Panel a pu aussi mettre en évidence que le fait d’offrir ce service présente certaines caractéristiques :
  • Les médecins qui y répondent sont souvent plus âgés. Et, ils exercent plus fréquemment au sein d’un cabinet regroupant 1 à 2 médecins en équivalent temps plein, avec un volume d’activité plus élevé.
  • A l’opposé, ceux qui sont « médecin traitant » d’une vaste patientèle le proposent moins souvent. La Dress indique qu’ils assurent sans doute un volume important de suivi chronique.
  • Ceux ayant des enfants en bas âge, ceux disposant d’un secrétariat et ceux situés dans des déserts médicaux figurent également en retrait.

Le renvoi vers d'autres professionnels

Lorsqu'ils ne peuvent répondre aux demandes de rendez-vous de dernière minute, un peu plus de la moitié des médecins généralistes réorientent les patients vers le secteur libéral (dont ceux faisant partie de la même structure) et un quart vers les urgences ou les services d'aide médicale urgente (Samu).

*Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques

Professionnels de santé : ce qui change pour vous en 2020 !

publiée le 24 janvier 2020

Nouvelles règles du jeu pour la délivrance de médicaments « non substituables », première étape du déremboursement des produits homéopathiques, ou encore les AINS et le paracétamol qui « passent derrière le comptoir »… La Médicale fait le point sur les changements qui concernent les professionnels de santé en ce début d’année.

Homéopathie : déremboursement, étape 1

Jusqu'ici remboursés à 30 %, les produits homéopathiques pris en charge par la Sécurité sociale ne le sont plus qu'à 15 % depuis le 1er janvier 2020. Pour mémoire, cette décision avait été annoncée au début du mois de juillet par le ministère de la Santé, au terme d'une longue polémique. Le déremboursement complet des produits homéopathiques est prévu pour intervenir en 2021. 

« Non substituable » : la règle de 3 

C’est l’arrêté du 12 novembre 2019 qui a fixé les trois seules situations médicales où un médecin peut exclure la substitution générique en le mentionnant explicitement sur l’ordonnance. Il s’agit :

1- Des cas de médicaments à marge thérapeutique étroite pour assurer la stabilité de la dispensation, lorsque les patients sont effectivement stabilisés avec un médicament, et à l'exclusion des phases d'adaptation du traitement ;
2- Chez l'enfant de moins de six ans, lorsqu'aucun médicament générique n'a une forme galénique adaptée et que le médicament de référence disponible permet cette administration ;
3- Pour un patient présentant une contre-indication formelle et démontrée à un excipient à effet notoire présent dans tous les médicaments génériques disponibles, lorsque le médicament de référence correspondant ne comporte pas cet excipient.

Nouvelles avancées pour le Reste à Charge (RAC) zéro 

Résultat des négociations entre l’Assurance Maladie et les syndicats de professionnels de santé, certaines lunettes et prothèses dentaires d'entrée de gamme sont, depuis le début de l’année, remboursées intégralement dans le cadre du panier de soins 100 % santé. La réforme est prévue pour aboutir à son terme en 2021.

La fin du Régime Social des Indépendants (RSI)

Après deux ans de période transitoire, le régime social des indépendants (RSI) a rejoint, depuis le 1er janvier, les rangs du régime général. Pour mémoire, le RSI couvrait notamment les prestations maladies de 4,9 millions de travailleurs indépendants. Sa disparition concerne quelque 29 800 médecins libéraux de secteur II qui cotisaient à ce régime pour la partie maladie/maternité.

Cigarettes : une nouvelle hausse de près de 1 %

Au 1er janvier, le prix moyen du paquet de 20 cigarettes est passé de 9,10 euros à 9,20 euros (soit près de 1 % de hausse).

Le défibrillateur est devenu obligatoire dans certains établissements publics

Il s’agit des établissements recevant du public de catégorie 1 à 3 (ceux qui accueillent plus de 300 personnes). Ils ont désormais l’obligation d’installer un défibrillateur automatisé externe qui doit être visible du public et facilement accessible. A partir du 1er janvier 2021, cette obligation s’étendra aux établissements recevant du public de catégorie 4 (moins de 300 personnes).

Le paracétamol et les AINS passent derrière le comptoir

Depuis le 15 janvier 2020 et afin de lutter contre certains risques de mésusage, le paracétamol et les Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS) ne seront plus placés en libre accès dans les pharmacies. Ils restent disponibles sans ordonnance, mais ces médicaments anti-douleur devront être demandés au pharmacien.

TROD en pharmacie : attendus au printemps

Les pharmaciens devaient pouvoir pratiquer dès ce 1er janvier les Tests Rapides d’Orientation Diagnostique (TROD), dont le but est de vérifier si une angine est virale ou bactérienne. Mais les décrets d'application n'étant pas prêts, la mesure est finalement prévue pour entrer en vigueur au printemps.


Contactez-nous

La Médicale propose des solutions d'assurances dédiées aux professionnels de la santé : Responsabilité Civile Professionnelle, Prévoyance, Multirisque Professionnelle mais aussi Santé, Auto, Habitation, Assurance Emprunteur... Quelle que soit votre activité, découvrez l'ensemble des offres de La Médicale pour vous couvrir aussi bien dans votre vie professionnelle que privée.