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Entretien avec la Pr Catherine ADAMSBAUM, présidente des Journées Francophones de Radiologie

publiée le 16 octobre 2019


Entretien 


Entretien avec la Pr Catherine ADAMSBAUM, présidente des Journées Francophones de Radiologie 

Le grand rendez-vous annuel de la profession s’est terminé ce lundi. Le thème de cette édition 2019 ? « Le radiologue augmenté ». Explication de texte avec la présidente des JFR et Chef du service de radiologie pédiatrique de l’hôpital Bicêtre.   


La Médicale : Depuis combien de temps les JFR existent-elles ?

Pr Catherine Adamsbaum Nous en sommes à la 67è édition. Avec plus de cent conférences scientifiques et quelque trois cents heures d’ateliers sur le thème de la radiologie, je pense qu’il s’agit du plus grand rendez-vous francophone mondial de la profession. Les JFR sont vraiment un carrefour d’échanges extrêmement important.


Pourquoi avoir choisi le thème du « radiologue augmenté » ; en quoi « augmente » -t-il ?

Pr Catherine Adamsbaum : Le radiologue a toujours été un médecin avec des outils puissants à sa disposition. Il a d’abord « augmenté » parce que sa technologie a extrêmement évolué. Il y a quarante ans, nous n’avions que les radiographies. Progressivement nous avons eu l’anatomie en coupe (échographie, scanner, IRM), puis l’imagerie fonctionnelle. Nous pouvons désormais faire de l’imagerie paramétrique, donner les caractéristiques des tissus. La radiologie interventionnelle se développe énormément (thrombolyse d’AVC, traitement percutané ciblé d’une tumeur, etc.). Le radiologue a donc « augmenté » technologiquement, ce qui l’a un peu cantonné derrière les consoles. Je pense que la véritable « augmentation « du radiologue aujourd’hui réside dans sa prise de conscience qu’il est au cœur du parcours de santé et qu’il va vers le patient et les autres soignants qui entourent également ce dernier. A l’arrivée, le radiologue devient donc « augmenté » dans plusieurs dimensions, diagnostiques et thérapeutiques, mais aussi éthiques. 

À propos d’avancées « algorithmiques », que représente pour vous l’arrivée de l’intelligence artificielle, source de fantasmes et de crainte pour certains ?

Pr Catherine Adamsbaum : L’intelligence artificielle (IA) est un outil comme un autre. Comme c’est un fantasme récurrent pour l’homme d’être un jour remplacé par un robot, ce risque a toujours été mis en avant. Mais en réalité, l’IA ne va pas remplacer le radiologue. De même que lorsque le téléphone a émergé, il n’a pas remplacé la discussion physique entre deux individus. C’était juste un autre mode de communication. L’intelligence artificielle va nous aider dans des tâches répétitives pour lesquelles nous n’avons pas de valeur ajoutée, comme des tâches administratives de rédaction de compte rendu, de volumétrie… Bref des tâches qui sont moins brillantes que des tâches réellement médicales. L’IA est un outil extraordinaire, mais comme tout outil, il doit trouver sa juste place. Il faut le faire avancer, lui donner du Big data à étudier, bref, faire travailler les algorithmes. Mais ensuite, ces algorithmes, il faudra les valider.

Selon quels critères ? À qui appartiennent les données de santé :  au patient, aux médecins, voire à l’État…
Pr Catherine Adamsbaum : Votre question est double. La seconde est d’ordre éthique et bien évidemment nous interpelle aussi. C’est la raison pour laquelle nous avons invité le président du Comité Consultatif National d’Ethique, le Pr Jean-François Delfraissy qui est intervenu dans une conférence sur le sujet de la médecine du futur et des enjeux éthiques. 
Ensuite, l’autre question, c’est : une fois que nous aurons les Big data, comment les algorithmes seront-ils implémentés dans notre vie quotidienne de médecin ?
Elles le seront d’une façon progressive. On ne dira jamais au patient : « vous allez dans une machine, celle-ci va vous sortir une cartographie paramétrique et vous aurez votre diagnostic ». C’est tout simplement impossible. Il existera toujours des faux négatifs et des faux positifs, il faudra toujours un(e) radiologue pour analyser les résultats. L’IA ne remplacera jamais un médecin. En revanche, avec cette dernière, nous disposerons de plus de temps pour le patient.
Le radiologue est avant tout un médecin au cœur du parcours de santé.

Propos recueillis par François Petty
Crédit photo : DR

Fiche conseil : cabinet de radiologie et RGPD

publiée le 27 septembre 2019

Fiche conseil 👍

Imagerie médicale, numéro de sécurité sociale, dossier patient, coordonnées des médecins traitants, prise de rendez-vous, notes de frais, fiche de paie ou encore messages électroniques sont autant de données à caractère personnel, parfois « sensibles », qui sont quotidiennement manipulées par les Cabinets de radiologie.

Le traitement de ces informations doit respecter les obligations du Règlement Général de la Protection des Données, plus connu sous l’acronyme de « RGPD », qui est entré en application le 25 mai 2018. Régulièrement source d’incompréhensions, le RGPD est généralement perçu comme une contrainte forte par les professionnels de santé, lourde à mettre en place et in fine peu structurante voire inutile.
Et pourtant, le RGPD se veut un texte protecteur des intérêts des « personnes concernées » et complète utilement les impératifs déontologiques relatifs au secret professionnel et à la conservation et la protection des documents médicaux. Pour assurer cette protection, des sanctions importantes ont été prévues par le législateur européen, allant de la simple mise en demeure publique (avec un risque d’image conséquent) au paiement d’une amende administrative substantielle, voire à l’arrêt complet des opérations de traitement effectués, se traduisant par l’arrêt de l’activité.
Le Cabinet Haas Avocats, triplement labélisé par la CNIL pour ses prestations d’audit et de formation, vous propose un rapide décryptage de ce qu’il faut faire et ne pas faire en matière de conformité RGPD.

Ce qu'il faut faire :

  • Tenir un registre des activités de traitement : en cas de contrôle de la CNIL, il s’agit du premier élément qui sera audité par les agents de la Commission. Au-delà de cet aspect, il ne faut pas négliger l’importance de cette cartographie de l’ensemble des traitements qui offre un outil de pilotage et de gouvernance unique permettant d’établir un plan d’action de conformité inscrit dans la durée.

  • Réaliser des analyses d’impact sur la protection des données : de telles analyses sont obligatoires en présence de traitements susceptibles de générer des risques pour les personnes concernées. Sont en particulier visés par la CNIL les traitements de données de santé mis en œuvre par les structures médicales tels que les traitements de dossier « patients » ou les dispositifs de télémédecine. L’analyse d’impact permet de s’assurer que ces traitements génèrent des risques acceptables pour les personnes concernées, notamment du point de vue de la sécurité des données.

  • Informer les patients et le personnel : l’information des personnes est la première condition à la licéité d’une opération de traitement. L’information des patients passe généralement par l’établissement d’une Charte de gestion des données patients, laquelle doit être compréhensible par ces derniers (ce qui nécessite quelques ajustements pour les personnes âgées ou les mineurs) et accessible à tout moment, via un affichage et si possible une diffusion en ligne. Il en va de même pour les salariés qui doivent eux aussi être informés via un dispositif similaire.

  • Gérer le cycle de vie des données collectées : cet aspect est connu des Cabinet de radiologie, faisant déjà l’objet d’un encadrement spécial pour la conservation du dossier médical (art. R1112-7 CSP). Cependant il faut garder à l’esprit que le respect des durées de conservation ne concerne pas uniquement le dossier médical des patients, mais bien l’ensemble des données personnelles collectées par les Cabinets, y compris les données de salariés. Une politique d’archivage sécurisé et de suppression des informations doit être implémentée afin de satisfaire à cette exigence légale. Elle permet également de réduire le volume des données, et partant l’impact d’une éventuelle attaque informatique.

Ce qu'il ne faut pas faire

  • Négliger l’importance de la sécurité des données : la sécurité des données à caractère personnel constitue un des piliers du RGPD. Il faut bien garder à l’esprit que les centres de radiologie, et plus généralement les structures médicales, constituent une des cibles privilégiées des pirates informatiques. Les informations sensibles telles que les dossiers médicaux des patients ou encore les numéros de sécurité social se revendent à prix d’or sur les marchés parallèles présents sur le Darkweb. Il est dès lors essentiel de s’assurer du haut niveau de sécurité de son système d’information, et de contracter une assurance cyber-risques pour se prémunir des pertes importantes que peut générer une attaque informatique.

  • Désigner un « DPO de paille » : le Délégué à la Protection des Données (DPD ou DPO en anglais) est un acteur essentiel de la conformité dont la désignation est obligatoire pour les Cabinets de radiologie. Il jouera notamment le rôle de conseil et de point de contact avec les personnes concernées et la CNIL. Le DPO doit être désigné en tenant compte de son indépendance et de ses qualités professionnelles. Dans la mesure où les Cabinets de radiologie sont généralement amenés à traiter quotidiennement un nombre important de données médicales sensibles concernant des patients, identifiés comme des « personnes vulnérables », le DPO devra ainsi jouir de qualités professionnelles reconnues (formation spécifique au RGPD), sous peine d’engager à la fois sa propre responsabilité et celle du Cabinet.

  • Ne pas contrôler ses fournisseurs, prestataires ou partenaires : qu’ils s’agissent de co-responsable de traitement ou de sous-traitants, les partenaires des Cabinets de radiologie (et notamment les fournisseurs de logiciels et de matériel d’imagerie médicale) se doivent de tenir en respect le RGPD, au risque de voir la responsabilité du Cabinet engagée pour défaillance d’un de ses partenaires. Pour cette raison, les Cabinets de radiologie devront contracter avec ces derniers des accords dédiés à la protection des données.
Ces mesures et mises en garde ne sauraient être exhaustives. L’utilisation sereine des nouvelles technologies au sein des Cabinets de radiologie suppose une prise en compte des spécificités de chaque structure, de son organisation ainsi qu’une sensibilisation de l’ensemble des équipes. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à nous contacter.


32, rue La Boétie
75008 PARIS
Tel : 01 56 43 68 80

L'obligation d'information préalable et le radiologue

publiée le 30 avril 2019

Il est désormais acté (et jugé) qu’en sa qualité de professionnel de santé, le radiologue doit à son patient une obligation d’information qui, à défaut, d’être respectée, est susceptible d’engager sa responsabilité. Contrairement à une idée « préconçue », le radiologue ne saurait faire l’économie de cette obligation, motif pris de ce qu’elle reposerait sur le médecin prescripteur. Bien plus, cette obligation d’information particulière pèse sur le radiologue, à chacune des étapes de la prise en charge.



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