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Les pharmaciens face à l'IA

publiée le 05 novembre 2019


Entretien 


Entretien avec David Gruson, spécialiste de l’IA et de son application en santé 

Impossible d’en faire abstraction. L’intelligence artificielle est en passe de faire partie intégrante de notre système de soins. Et toutes les professions de santé pourraient, à terme, être concernées. Les pharmaciens au premier chef, selon le spécialiste David Gruson. Eléments d’explication.

La Médicale : Vous faites partie des spécialistes de l’Intelligence Artificielle (IA) qui estiment qu’elle a toute sa place en pharmacie d’officine…

David Gruson L’officine pourrait, en effet, être un point de jonction entre trois types d’intelligence artificielle. La première concerne l’application technique, ce qu’on appelle l’apprentissage machine par reconnaissance d’image. C’est-à-dire on prend un scanner ou un IRM et on va entraîner l’algorithme à y détecter le signe ou l’absence de signe de pathologie. 


Mais quel est le lien avec l'officine ? 

David Gruson : Je vais prendre un exemple concret. Il existe aujourd’hui des algorithmes automatisés qui réalisent le diagnostic de la rétinopathie-diabète. Ils existent sur le marché américain et seront bientôt utilisés en Europe. On peut tout à fait imaginer que, depuis l’officine, le patient qui aura vu son médecin traitant et qui aura présenté une suspicion de rétinopathie diabétique, vienne à l’officine accéder à l’algorithme. Et que le résultat de cet algorithme soit transmis, via le Dossier Pharmaceutique ou le DMP, à un spécialiste ophtalmologiste qui décidera des mesures de prises en charge. La pharmacie deviendrait ainsi un lieu d’accès à des algorithmes déjà fiabilisés

Et quel serait les deux autres usages de l'IA ?

David Gruson : La deuxième voie est ce qu’on pourrait appeler l’IA de pilotage par les données, celle qui traite de données de santé sur une population ou un territoire défini et pour lesquelles il y a besoin d’avoir de la collecte de données de santé. La pharmacie est lieu privilégié pour cela. L’officine permet d’avoir des contacts récurrents avec des patients, notamment dans le cadre des maladies chroniques et métaboliques, c’est un point d’entrée fort en matière d’étude épidémiologique.
Quant au troisième point d’usage de l’IA, qui est celui dont on parle le moins mais qui est sans doute le plus effectif, est ce qu’on appelle l’IA de back office. Elle assure les fonctions support sur les approvisionnements et la dispensation médicamenteuse. Sur ce segment précis, toutes les fonctions qui sont en amont ou en aval de l’officine pourront faire l’objet d’éléments d’automatisation.

Y sommes-nous prêts tant techniquement que philosophiquement ? 

David Gruson : Le mouvement est déjà à l’œuvre, ce que je viens d’évoquer existe déjà. Nous ne sommes pas dans de la science-fiction, mais bien dans la réalité effective. Ce qui ne signifie pas pour autant que le système soit opérationnel et mûr. Il y aura besoin de gros efforts de formation auprès des professionnels. Un premier palier a été franchi cet été avec l’inscription au mois d’août dernier de l’IA dans les orientations prioritaires de développement professionnel continu. Mais il faut franchir le cran suivant qui est celui de l’insertion de programmes de formation de sensibilisation à l’IA dès le début des cursus de formation initiale. C’est ce que souhaitent faire les doyens de formation en médecine. C’est évidemment ce qu’il faut aussi faire pour les étudiants en pharmacie. 

A quel horizon, l’Intelligence artificielle fera-t-elle partie intégrante de notre paysage médical et sanitaire : 10, 20, 30 ans ? 

David Gruson : Impossible de le dire. En revanche, ce qui est certain, c’est que si on ne s’ouvre pas en France à l’IA et au pilotage par les données, cette technique nous sera imposée par des systèmes d’IA conçus aux USA ou en Chine. C’est pour cela qu’il est essentiel de résoudre les questions éthiques que posent le recours à l’intelligence artificielle dans notre système de soins français. Cela a été l’objet d’une des propositions élaborées avec le Conseil Consultatif National d’Ethique : le principe de garantie humaine en matière d’IA. Ce principe est fondamental. Il faut, à chaque étape importante d’utilisation de l’intelligence artificielle, s’assurer qu’il y ait un niveau suffisant de supervision humaine assurée par un professionnel de santé. Ce principe est maintenant au cœur de l’article 11 du projet de loi de bioéthique qui entre en débat l’an prochain. 

Propos recueillis par François Petty
Crédit photo : Elombard

Pharmaciens

publiée le 01 avril 2019

Alors que le rendez-vous annuel de la profession, PharmagoraPlus, vient de fermer ses portes, une récente étude de la Drees révèle que l’arrivée de nouveaux pharmaciens devrait compenser les nombreux départs à la retraite de la génération du baby-boom, escomptés ces dix prochaines années. 

Sans préjuger de ce qui restera, in fine, des nouvelles prérogatives dévolues aux pharmaciens (vaccination, possibilité limitée de prescription…), dans le cadre du projet de loi de santé qui vient d’être adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, la profession peut, en tout cas, être certaine d’une chose. Sur le volet démographique, la relève est a priori assurée jusqu’en 2040. 
Une étude de la Drees publiée à la fin du mois de mars estime, en effet, que le nombre de pharmaciens devrait passer de 73 000 aujourd’hui, à 79 000 en 2040. Soit une augmentation de 8%. L’une des raisons principales de ce changement de tendance qui voyait la population des pharmaciens en exercice stagner depuis des années ? Le relèvement du numerus clausus opéré à partir de 2003 qui commence cette année à porter ses fruits.

La piste du scénario tendanciel 

Comme le relèvent les auteurs de l’étude, dans les dix prochaines années, les pharmaciens devraient bien être « plus nombreux à cesser leur activité en raison de l’arrivée de l’âge à la retraite des générations ayant connu un numerus clausus élevé au début des années 1980 ». Cependant, poursuit la Drees, « si le nombre de places offertes aux étudiants demeurait au niveau du numerus clausus actuel et si le flux de professionnels diplômés à l’étranger se maintenait, alors l’arrivée de nouveaux praticiens compenserait ces nombreux départs ». 
A condition toutefois que les différentes données sur lesquelles reposent cette projection n’évoluent pas. C’est ce que la Drees appelle le scénario tendanciel qui « repose sur l’hypothèse de comportements constants, observés à partir du répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) de 2015 à 2018.

Portrait-robot du pharmacien de demain

Tout d’abord, l’officine devrait rester le lieu d’exercice principal du pharmacien, puisque la part des praticiens y exerçant restera stable (autour de 69%). Avec l’accentuation d’un phénomène actuel cependant : l’accroissement du salariat dans les officines. En effet, « la part des titulaires d’officines continuerait de diminuer passant de 37% à 33% entre 2018 et 2040, alors que celle des adjoints augmenterait (36% des pharmaciens seraient salariés dans une officine en 2040, contre 33% aujourd’hui), soulignent les auteurs de l’étude. Qui ont par ailleurs relevé la confirmation de deux autres tendances :  le rajeunissement de la profession puisque l’âge moyen des pharmaciens passerait de 46,4 ans en 2018 à 44,9 ans en 2040. Et la poursuite de la féminisation du métier passant de 68% en 2018 à 70% en 2040. A noter que cette progression des femmes se fera au bénéfice des titulaires d’officine qui passeraient ainsi de 55% aujourd’hui à 66% en 2040. En effet, les auteurs relèvent que la part des femmes pharmaciens exerçant dans les établissements de santé et comme salariées d’officine devrait diminuer. 

Pharmacies d'Officine

publiée le 02 juillet 2018

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Entretien avec la présidente du conseil national de l'Ordre des pharmaciens

publiée le 06 avril 2018


Entretien 


Alors que le salon annuel dédié aux pharmaciens, Pharmagora, tenait ses portes ce week-end, la présidente du Conseil national de l’Ordre revient sur dix ans d’existence du Dossier Pharmaceutique et présente, pour la Médicale, les enjeux qui attendent la profession cette année en termes de prévention et de santé publique.


La Médicale : Le gouvernement vient d’annoncer, entre autres mesures, la généralisation du vaccin anti-grippe par les pharmaciens. Est-ce une bonne nouvelle pour la profession ?

Carine Wolf-Thal : Globalement, tout ce qui va dans le sens de la prévention et de la protection de la santé publique est une bonne mesure. Et le fait qu’on fasse appel aux pharmaciens pour protéger la population fait sens puisque les pharmacies sont réparties de façon homogène sur le territoire et sont accessibles sept jours sur sept sans rendez-vous. De plus, les pharmaciens ont apporté la preuve, au travers d’une expérimentation réalisée dans deux régions cet hiver, non seulement qu’ils avaient la pleine capacité de le faire mais aussi qu’ils répondaient à une attente de la population pour être vaccinée rapidement sans rendez-vous en toute sécurité par le pharmacien.


Mais, au-delà de la grippe, vous allez également être à même de vérifier les rappels de vaccins. Comment pensez-vous que cela puisse être perçu par les médecins ?

Carine Wolf-Thal : Ce n’est pas une concurrence. Je pense qu’effectivement, il faudra d’abord en parler avec les médecins, décider dans quelles conditions cela pourra se dérouler. L’annonce vient d’être faite par les pouvoirs publics, mais le modus operandi n’a pas été précisé. Nous en discuterons avec l’Ordre des médecins pour voir ce qu’il est judicieux de faire et de ne pas faire, afin de confirmer la population cible, celle qui aura un intérêt à se faire vacciner chez le pharmacien plutôt que chez le médecin, parce qu’il y a des rappels que font, soit les généralistes, soit les pédiatres que le pharmacien n’a pas besoin de faire. A l’arrivée, Il y aura ainsi une amélioration en termes de parcours de soins.


Est-ce le signe d’une évolution vers un exercice pluri-professionnel visant à une véritable prise en charge globale des patients ?

Carine Wolf-Thal : Je le crois. A force, l’expression « remettre le patient au centre du circuit », est devenue un peu galvaudée, mais je pense sincèrement qu’ici elle a vraiment tout son sens. L’avantage de travailler ainsi en inter-professionnalité, quand une équipe se connaît, c’est que la confiance est là, et permet de décider conjointement qui est le plus apte à prendre les personnes en charge en fonction du secteur d’intervention nécessaire : que ce soit la prévention, le chronique ou l’aigu. Le patient y gagne dans l’efficacité et la pertinence de son parcours de soins.


Le Dossier Pharmaceutique (DP) a une dizaine d’années d’existence, quel regard portez-vous sur son accomplissement ?

Carine Wolf-Thal : Je pense que quand on a créé le DP il y a dix ans, on n’avait pas imaginé à quel point il serait utile. Au départ, on pensait créer un outil qui aiderait à la sécurisation de la délivrance et de la dispensation de médicaments. Mais au fil du temps, on s’est aperçu que c’était un outil fabuleux pour lutter contre la iatrogénie, surtout auprès des patients nomades ou polymédicamentés. Aujourd’hui, je pense que tous les pharmaciens d’officine reconnaissent qu’ils ne sauraient plus travailler sans le Dossier Pharmaceutique. Un avantage qui s’est accru avec l’accès au DP par les établissements hospitaliers. Aujourd’hui, il existe plusieurs DP : le DP-Alertes, le DP-Rappels (pour les retraits de lots), le DP-Ruptures, et bien sûr, le DP-suivi sanitaire.


Ce qui fait combien de DP aujourd’hui ?

Carine Wolf-Thal : Ca bouge. Nous sommes aujourd’hui à environ 35 millions de DP actifs. Mais les DP se ferment automatiquement quand il n’y a pas d’activité pendant trois ans. Du coup, des DP s’ouvrent et se ferment tous les jours. En termes d’échanges d’informations c’est énorme. Cela représente 5 millions d’échanges de données par jour. 


Un socle qui permettra d'alimenter le futur DMP ?

Carine Wolf-Thal : Nous travaillons en effet dans ce sens avec l’assurance-maladie. C’est le DP qui alimentera le DMP. 

 
Quel est le profil de la nouvelle génération de pharmaciens d’officine ?

Carine Wolf-Thal : Nous travaillons en ce moment à l’analyse des résultats de notre observatoire démographique et les jeunes semblent vouloir s’installer de plus en plus dans de petites structures, dans les milieux ruraux et semi-ruraux. Ils apparaissent être à la recherche d’un exercice proche du patient, proche de la pharmacie clinique. Et dans des territoires où il pourrait y avoir des déserts médicaux, ils ne sont pas affolés par l’absence de médecins, au contraire. Ils voient là l’opportunité d’exercer pleinement leur acte pharmaceutique. C’est économiquement peut-être plus difficile, mais en termes d’intérêt, les jeunes sont attirés par cet exercice. Il est trop tôt pour faire un constat définitif, nous sommes encore en phase d’analyse, mais c’est ce que nous ressentons.


Propos recueillis par François Petty


Crédit photo : CNOP

La Mission "Offi'Sim"

publiée le 31 octobre 2017

La faculté de pharmacie de Nancy a conçu une plateforme pédagogique de simulation afin d’aider ses élèves de 5ème et 6ème année à répondre au mieux aux besoins des clients des officines.

Désormais, des étudiants peuvent facilement se mettre dans la peau d’un pharmacien. Le 23 septembre 2017, la faculté de pharmacie de l’université de Lorraine a présenté « Mission Offi’Sim », un « serious game » destiné à préparer ses élèves à la prise en charge des patients au comptoir.
L’automédication se développe en effet beaucoup en France. De plus en plus de Français se rendent dans les officines sans ordonnance. Le conseil du pharmacien devient alors encore plus primordial. C’est fort de ce constat que la faculté de pharmacie de Nancy, qui forme environ 1.000 étudiants par an, a conçu « Mission Offi’Sim ».

40 scénarios possibles

Concrètement, il s’agit d’une vidéo interactive, disponible sur le site internet de la faculté, dans lequel l’élève tient le rôle d’un pharmacien. Il voit défiler devant lui plusieurs patients (joués par des professeurs de l’université) qui présentent des besoins différents (allergies, blessure, migraine, arrêt du tabac…). Pour chaque situation, l’étudiant se voit proposer dix réponses différentes. À lui de cocher la bonne case.
Le jeu comprend quatre décors d’officines différents (une pharmacie de ville, de campagne, de bord de mer et de montagne) et pas moins de 40 scénarios possibles. « Mission Offi’Sim » a été développée pour les élèves de 5ème et 6ème année. Il est obligatoire avant d’effectuer le stage de six mois en pharmacie de dernière année. Le « serious game » a été validé par un comité scientifique de professionnels et d’universitaires. La faculté de pharmacie de Nancy compte le proposer à d’autres universités françaises.

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