Les dernières actualités . Mot clé : médecine

La télémédecine vétérinaire fait ses premiers pas

publiée le 11 août 2020

Depuis le 5 mai dernier, un décret autorise la profession à pratiquer la télémédecine vétérinaire sur l’ensemble du territoire. À condition toutefois de le déclarer à leur Conseil Régional de l’Ordre des Vétérinaires, et bien sûr, d’être inscrit au tableau. Cet exercice nouvelle formule s’inscrit dans le cadre d’une phase expérimentale de dix-huit mois. 

Pour la petite histoire, c’est l’épidémie de Coronavirus qui a accéléré le lancement de la télémédecine vétérinaire. « Notre dispositif était prêt, nous y avions travaillé pendant trois ans », précise le Vice-Président de l’Ordre, Denis Avignon. « Mais changer un texte de loi prend du temps et nous pensions devoir attendre encore un peu pour nous raccrocher au bon véhicule législatif. Et en définitive, la période de confinement liée au Covid a conduit notre ministère de tutelle, celui de l’agriculture, à donner son feu vert rapidement pour répondre aux besoins de distanciation sociale ».

5 modes de télémédecine 

À l’arrivée, la télémédecine vétérinaire comprend aujourd’hui cinq modalités différentes.
  • La téléconsultation tout d’abord, qui, à l’instar de la médecine humaine, se définit comme une consultation à distance
  • La télésurveillance, ensuite, qui concerne les animaux de compagnie mais aussi les élevages et correspond à l’interprétation de données médicales recueillies par des objets connectés présents sur l’animal ou dans son environnement. « Ces données sont envoyées au vétérinaire ou à un algorithme qui prévient le praticien si des chiffres sortent de la moyenne habituelle », explique Denis Avignon.
  • En troisième lieu, se place la téléexpertise. Elle s’inscrit dans une logique B to B dans laquelle, un vétérinaire sollicitera l’avis ou le conseil d’un confrère « expert » pour un complément de diagnostic, par exemple dans le cadre d’une analyse d’imagerie ou d’autopsie.
  • Dans le même ordre d’idée, les vétérinaires peuvent également avoir recours à la téléassistance médicale de personnes non vétérinaires habilitées à pratiquer certains actes spécifiques, comme le parage d’un sabot.
  • Enfin, la télémédecine trouve aussi son application en matière de régulation médicale vétérinaire. En clair, une aide à la gestion de la permanence des soins pour animaux, qui centralise les appels et indique la conduite à tenir dans le cadre d’une urgence.

Des propriétaires d’animaux très intéressés

« Il est beaucoup trop tôt pour savoir si ce nouveau type d’exercice va prendre. Pour l’heure, les 18 000 vétérinaires de France doivent faire face au retard pris dans leur travail du fait du confinement. Donc, en euphémisant, je ne peux pas dire qu’à ce jour, nous ayons constaté un engouement clair et net de la profession pour la télémédecine. Ce qui est amusant, en revanche, c’est que les propriétaires d’animaux, eux, savent tout de suite de quoi il s’agit quand on leur parle de téléconsultation vu que nombre d’entre eux l’ont expérimenté pour eux-mêmes avec la Covid-19. Et beaucoup se disent très intéressés par cette perspective », détaille Denis Avignon.
Il reste donc encore un peu plus d’une année expérimentale au dispositif pour faire ses preuves. Période à l’issue de laquelle, l’Ordre doit rédiger une évaluation et un rapport d’activité de la télémédecine qui ne peut se concevoir que comme un complément de l’exercice traditionnel « en présentiel ». 

Le Numerus Clausus tire sa révérence

publiée le 27 mai 2020

Il se sera fait attendre, crise du coronavirus oblige, mais l’arrêté fixant le nombre d'étudiants autorisés selon les différentes modalités d'admission à poursuivre en deuxième ou troisième année leurs études en médecine, odontologie, pharmacie et maïeutique à la rentrée universitaire 2020-2021 a été publié au « Journal Officiel » du 14 mai. Soit un mois pile, quasiment, avant la seconde partie du concours de la Première année commune aux études de santé (PACES) qui sera organisé à partir du 15 juin par les différentes facultés.
  • Au regard du texte, ce sont ainsi 9 361 étudiants qui seront autorisés à entrer en deuxième année ou troisième année de médecine au titre de l’année universitaire 2020-2021.
  • Quant au « nombre maximal des étudiants autorisés à poursuivre leurs études en odontologie en deuxième ou troisième année », ce dernier est fixé à 1 332.
  • Les étudiants en pharmacie disposeront quant à eux de 3 265 places.
  • Et les étudiants en maïeutique de 1039 places.

La fin du Numerus Clausus 

Pour mémoire, cette rentrée universitaire sonne aussi le glas du traditionnel Numerus Clausus, dont la création remonte à 1971. Il est en effet publié sous cette forme pour la dernière fois, les pouvoirs publics ayant décidé de sa suppression dans le cadre de la réforme des études de santé. 

Petite précision, un Numerus Clausus sera publié l'année prochaine pour les étudiants autorisés à redoubler leur PACES 2019-2020. Quant à la PACES, elle disparaît aussi, dès la rentrée prochaine, pour laisser place au nouveau système d'accès aux études de santé : le Parcours Accès Spécifique Santé (PASS) et les Licences Option Accès Santé (LAS). 

Enfin, en matière de formation et de démographie des futurs professionnels de santé, le Journal Officiel précise qu’à partir de la rentrée 2021-2022 des « objectifs nationaux » définis par chaque université seront réalisés pour une durée de cinq ans après « une large concertation ». Ces objectifs nationaux prendront en compte « l'offre de soins du territoire, les besoins en professionnels de santé et les capacités d'accueil des universités ».

Chiffre clé : 1 million

publiée le 20 avril 2020

Le boom des téléconsultations à l’heure du Covid-19


486 369 la semaine du 23 au 29 mars. Plus d'un million la première semaine d'avril... Ces chiffres records illustrent la croissance exponentielle que connaissent les téléconsultations depuis l’annonce du confinement. Ainsi, l’Assurance Maladie en comptabilisait moins de 10 000 par semaine jusqu’au début du mois de mars, puis 80 000 la semaine du 16 mars, première semaine de confinement. « Les téléconsultations constituent désormais plus de 11% de l’ensemble des consultations contre moins de 1% avant la crise », relevait le 31 mars l'Assurance Maladie.

Profil-type


Un développement inédit de la téléconsultation qui se traduit, logiquement, par une augmentation très forte du nombre de médecins qui la pratiquent. A l’arrivée, ce sont près de 29 000 médecins libéraux qui ont facturé au moins une téléconsultation. Ce qui, en termes de statistiques, représente « environ 1 médecin sur 3 contre moins d’1 sur 10 (7,6%) la semaine précédente. Pour la semaine du 23 mars, 44% de médecins généralistes ont effectué une téléconsultation contre 11% la semaine précédente », explique l’Assurance Maladie. Enfin, on relèvera que 81% de ces téléconsultations ont été réalisées par des médecins en tant que médecin traitant de leurs patients. 

Modalité pertinente de prise en charge


En conclusion, la Sécurité Sociale estime que « dans ces circonstances sanitaires sans précédent, la téléconsultation s’est ainsi installée auprès des médecins libéraux comme une modalité pertinente de prise en charge des patients, que ce soit pour l’orientation et le suivi des patients concernés par une forme non sévère du Covid-19 ou pour le suivi de patients souffrant d’autres pathologies, permettant ainsi de les protéger d’un risque de contamination dans le respect des consignes de confinement ». Et l’organisme rappelle que, « afin de faciliter le recours aux téléconsultations, par dérogation aux principes définis dans la convention médicale, l’ensemble des téléconsultations seront prises en charge à 100 % par l’Assurance Maladie obligatoire, à titre transitoire et exceptionnel jusqu’au 30 avril 2020 ».

Coronavirus : l’Agence du numérique en santé en renfort

publiée le 06 avril 2020

Petit récapitulatif. Le cap du basculement dans un financement de droit commun des actes de téléconsultation (TLC) intervient lors de l’accord conventionnel entre l’Assurance Maladie et les syndicats de médecins de septembre 2011. Résultat (pré-Covid-19) : la téléconsultation s’inscrit dans le respect du parcours de soins coordonné. En effet, le patient doit être connu du médecin depuis 12 mois et donner son consentement à la TLC.

Favoriser les échanges dématérialisés de données de santé

Mais depuis la crise du Conoravirus, les règles d’accès (actes remboursés tant pour les patients que pour les médecins) à la télémédecine ont été assouplies. Ainsi, selon l’Assurance Maladie, il n'est désormais plus nécessaire de passer par son médecin traitant et d’avoir eu une consultation « en présentiel physique » dans les 12 mois précédant la téléconsultation pour y avoir recours. Et les actes sont pris en charge à 100 % jusqu'à la fin du mois d'avril. 

C’est la raison pour laquelle, l’Agence du numérique en santé qui avait initié depuis plusieurs mois un travail relatif à la rédaction d’un volet de contenu pour la télémédecine a fait le choix de publier ce dernier à la fin du mois de mars. L’objectif ? « Favoriser les échanges dématérialisés de données de santé dans le cadre des actes de téléconsultations entre les médecins et leur patient, ainsi que pour les actes de téléexpertise entre deux médecins en lien avec un cas patient ». Ce volet de contenu est constitué de spécifications fonctionnelles et techniques et décrit deux modèles de documents (un document pour la téléconsultation et un document pour la téléexpertise). 

Interopérabilité : accélérer la mise en œuvre 

« Ce document a été publié en concertation publique dans le Cadre d’Interopérabilité des Systèmes d’information de Santé (CI-SIS) le 20 janvier 2020. Il se destine donc principalement aux éditeurs de logiciels santé », explique David Petauton, responsable de la communication de l’Agence numérique en santé. « En clair, il s’agit d’édicter des règles de fonctionnement du processus de cohérence et de partage des données de santé », développe-t-il. Et essayer ainsi, de contribuer à aider patients et professionnels de santé face à l’épidémie du Covid-19. Un combat numérique de taille. « Les enjeux liés au recours à la téléconsultation et à la téléexpertise dans la gestion de cette crise et de la prise en charge des patients, nous a conduit à publier plus tôt ce volet de contenu télémédecine », conclut l’Agence.  

Internes en médecine générale : Olivier Véran, un ministre à l'écoute

publiée le 02 mars 2020

Pour son premier déplacement en tant que ministre de la Santé, Olivier Véran est venu au congrès de l’ISNAR-IMG. L’occasion d’aborder, entre autres sujets, la question du temps de travail des internes, qui a fait l’objet d’annonces ministérielles.

Le traditionnel congrès annuel de l’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes en médecine générale (Isnar-Img) s’est tenu à Saint-Etienne fin février. Et a reçu, à l’occasion de cette 21ème édition, deux invités de marque, en la personne du président du Collège national des généralistes enseignants (CNGE), le Pr Vincent Renard, et du tout nouveau ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran. Au menu des discussions : la question de l’emploi du temps et des conditions de travail des internes en médecine générale (IMG), notamment lorsque ces derniers sont en stage à l’hôpital. Chiffres à l’appui. En effet, le Pr Renard a dévoilé les premiers résultats d’une grande enquête nationale s’appuyant sur plus de 2 000 réponses d’IMG sur leur "emploi du temps" en formation. 

Surcharge de travail


Ainsi, les futurs médecins généralistes passent en moyenne 9,54 demi-journées hebdomadaires en stage. Pour mémoire, les textes réglementaires prévoient que les internes en médecine générale passent chaque semaine 8 demi-journées en stage, une demi-journée à la faculté et une demi-journée pour leur travail personnel. Si, avec une moyenne de 7,88 demi-journées par semaine de stage, l’ambulatoire respecte la réglementation, l’hôpital, lui, affole les compteurs puisque le temps de travail hebdomadaire moyen des IMG y atteint 10,44 demi-journées. Un chiffre qui cache par ailleurs de fortes disparités régionales. A l’arrivée, il n’est donc pas surprenant qu’un gros tiers des internes interrogés (37%) qualifient leur charge de travail comme allant de « lourde à très lourde ».

Engagement ministériel 


Cette réalité, le nouveau ministre de la Solidarité et de la Santé qui, pour son premier déplacement et son premier discours avait donc choisi le congrès des internes en médecine générale, a assuré l’avoir entendue. Olivier Véran s’est en effet engagé sur plusieurs questions. Le non-respect du temps de travail hebdomadaire de 48 heures pour les internes tout d’abord, qui « n’est plus acceptable, il y a eu trop de drames ». C’est en ce sens que le ministre s’est dit prêt à engager des sanctions financières contre les établissements qui n'appliqueraient pas la législation. La comptabilisation des demi-gardes ensuite, qui seront ainsi désormais rémunérées. Quant à la prime perçue par les internes qui réalisent des stages en zone sous-dense, elle devrait passer de 200 à 300 euros brut par mois. Enfin, en matière de liberté d’installation le nouveau locataire de l’avenue de Ségur a assuré aux quelque 700 congressistes présents qu’il s’opposera « à tous ceux qui prônent la coercition à l’installation ». « Nous avons bien sûr été honorés par sa visite. Mais cela ne nous empêchera pas d’être hyper-vigilants sur la traduction concrète de ses propos. Surtout en matière de respect du temps de travail. En plus du risque accru de tragédies individuelles qui peuvent culminer au suicide, un interne épuisé ne peut pas prendre convenablement en charge les patients », analyse le porte-parole de l’Isnar, Matthieu Thomazo. 

Contactez-nous

La Médicale propose des solutions d'assurances dédiées aux professionnels de la santé : Responsabilité Civile Professionnelle, Prévoyance, Multirisque Professionnelle mais aussi Santé, Auto, Habitation, Assurance Emprunteur... Quelle que soit votre activité, découvrez l'ensemble des offres de La Médicale pour vous couvrir aussi bien dans votre vie professionnelle que privée.