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publiée le 15 octobre 2020

C’est le nombre d’internes recensés fin septembre, qui exerceront sous le nouveau statut de Docteur Junior* 

Le « big matching » a bien « matché » 

Cette nouvelle procédure d'affectation des internes, avant l'entrée dans la dernière phase du troisième cycle les transformant désormais en « docteurs juniors », s'est déroulée sans anicroche.

Pour mémoire, le « big matching » était prévu dans la réforme du troisième cycle des études médicales. Il s’agit d’un système d’appariement reposant sur un algorithme qui permet de croiser un poste ouvert avec un vœu d'interne et les choix des responsables de stage. La dernière phase de l'internat (d'une durée d'un an pour les spécialités médicales et de deux ans pour les spécialités chirurgicales), qui doit conduire le jeune praticien à une autonomie d'exercice, s’effectue donc désormais sous le statut de « docteur Junior ». Les internes de médecine générale ne sont pas concernés. 

Être pleinement à même d'exercer

La création de ce nouveau statut satisfait l’Intersyndicale nationale des internes (Isni). Comme l’expliquait cet été leur président, Justin Breysse, dans un entretien avec La Médicale : « la problématique de l’ancien système de formation, c’est qu’il y avait beaucoup trop d’internes qui recouraient à un poste d’assistant pour terminer leur formation. A la fin de son internat, on n’était pas en capacité d’exercer. C’était particulièrement formel dans le cadre des Diplômes d’Etudes Spécialisées complémentaires (DESC) comme par exemple la médecine d’urgence ou les spécialités chirurgicales pour lesquelles il fallait continuer à faire des semestres de formation ou en stage, alors qu’on avait terminé son internat. La logique du Docteur Junior, c’est de dire qu’à la fin de son cursus, quand on a obtenu le DES de sa spécialité, il faut qu’on soit pleinement à même d’exercer ».

*Source ISNI
 

Entretien avec Justin Breysse, président de l’InterSyndicale Nationale des Internes

publiée le 30 juillet 2020

Publié le 31 juillet 2020

Entretien 

Les premières nominations de Docteurs Juniors interviendront à partir du 1er novembre 2020. En quoi consiste ce nouveau statut et en quoi diffère-t-il du classique statut d’interne ? Explications et analyse avec l’un des négociateurs. 

La Médicale : Concrètement quelle sera la différence entre un interne et un Docteur Junior ?

Justin Breysse, président de l'ISNI :  Il s’agit de la création d’un nouveau statut. Selon la loi, le Dr Junior n’est absolument plus un interne. Néanmoins, les dispositions réglementaires de son statut sont principalement calquées sur celui d’interne, notamment pour tout ce qui concerne les questions de temps de travail. En revanche, ce qui va être différent, c’est le salaire. La rémunération sera supérieure grâce à la prime de responsabilité d’un montant de 5 000 euros par an en première année et de 6 000 euros en deuxième année.
Parmi les différences, il y a aussi l’accès au secteur 2, étant donné que le fait d’avoir été Docteur Junior, une année ou deux années en fonction des spécialités, va donner droit à la reconnaissance d’une année sur les deux nécessaires à l’ouverture au secteur 2 et correspond à l’obtention d’un titre d’ancien assistant (1 année sur les deux requises)

Le domaine des gardes est aussi concerné...

Justin Breysse, président de l'ISNI   Oui, en termes d’intégration dans les équipes hospitalières, le Dr Junior aura le droit de faire des gardes seniors et ce dans toutes les spécialités, alors que jusqu’ici cette possibilité était seulement réservée à l’anesthésie-réanimation et à la cardiologie intensive. Le Dr Junior aura une fonction située entre l’interne et l’assistant spécialiste.
L’idée, qui repose sur la notion d’autonomie progressive, est de dire que le Dr Junior va avoir ses propres consultations, pourra faire son propre recrutement de patientèle, et, dans le cadre de la chirurgie, opérer lui-même un certain nombre de ses patients en fonction des opérations et des gestes qu’il maîtrise. Ce domaine de compétences aura été défini avec un coordonnateur universitaire.  

Qui pourra avoir accès à ce nouveau statut ?

Justin Breysse, président de l'ISNI : Tous les internes et toutes les spécialités à l'exception de la médecine générale.

Devront-ils le demander ou s'inscrire dans une filière particulière ? 

Justin Breysse, président de l'ISNI  Non, le mécanisme est automatique. Aujourd’hui, la formation pour obtenir son diplôme d’études spécialisées (DES) contient trois phases, sauf pour la médecine générale qui n’a que deux phases. C’est la troisième phase qui correspond à ce statut de Dr Junior. Une fois que l’interne a terminé sa phase 2, il s’inscrit pour passer sa thèse, et ensuite, devient Dr Junior. A noter qu’il aura jusqu’à la fin de l’année pour réaliser celle-ci, nous avons obtenu une dérogation en ce sens. Un décret doit être publié prochainement. Le Dr Junior exercera de plein droit, en prescrivant en son nom, toujours sous la responsabilité du chef de service étant donné qu’il est en formation. Mais ce sera sur son nom propre et son inscription au tableau de l’Ordre.


Pourquoi avoir procédé à la création de ce nouveau statut ? Qu'est-ce qui ne fonctionnait pas dans l'ancien système de formation ? 

Justin Breysse, président de l'ISNI :  La problématique de l’ancien système de formation, c’est qu’il y avait beaucoup trop d’internes qui recouraient à un poste d’assistant pour terminer leur formation. C’est ce qui était décrié. A la fin de son internat, on n’était pas en capacité d’exercer. C’était particulièrement formel dans le cadre des Diplômes d’Etudes Spécialisées Complémentaires (DESC), comme par exemple la médecine d’urgence ou les spécialités chirurgicales pour lesquelles il fallait continuer à faire des semestres de formation ou des semestres en stage alors qu’on avait terminé son internat. La logique du Dr Junior, c’est de dire qu’à la fin de son cursus, quand on a obtenu le DES de sa spécialité, il faut qu’on soit pleinement à même d’exercer.


Ce statut de Dr Junior, même si ce n'est pas son but initial, peut-il constituer une bonne piste 
pour encourager les médecins à exercer à l'hôpital public ?

Justin Breysse, président de l'ISNI : Tout dépend de ce qu’on voudra en faire. Je prends un exemple précis : l’accès au statut de Praticien Hospitalier. Actuellement, l’une des revendications de l’Isni est qu’un interne, à partir du moment où il a été Dr Junior dans un service, soit reconnu comme ayant passé la période probatoire pour devenir directement PH s’il passe le concours. Si l’on procède ainsi, cela pourrait en effet être vu comme un premier pas vers l’intégration des jeunes médecins dans les services hospitaliers. En revanche, pris isolément, le statut de Dr Junior à lui seul ne constitue pas un facteur d’attractivité pour l’hôpital public.


Crédit photo : DR

2 221 postes de FST et d’options pour les internes

publiée le 17 juin 2020

Le texte règlementaire fixant le nombre et la répartition des postes de Formations Spécialisées Transversales (FST) et d'options à l'internat par subdivision a été publié au Journal officiel du 7 juin dernier. « Par arrêté du ministre des solidarités et de la santé et de la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en date du 5 juin 2020, le nombre maximal d'étudiants de troisième cycle des études de médecine et, pour la biologie médicale, d'étudiants de troisième cycle spécialisé des études pharmaceutiques autorisés à suivre une option ou une formation spécialisée transversale au titre de l'année universitaire 2020-2021 est fixé à 2 221 ». 

Sur ces postes ouverts sur l’ensemble du territoire français, 1 503 d’entre eux le sont au titre des formations spécialisées transversales et 718 au titre des options. En voici le détail : 

  • Addictologie : 170 postes ouverts
  • Bio-informatique médicale : 38
  • Nutrition appliquée : 55
  • Pharmacologie médicale / thérapeutique : 62
  • Douleur : 102
  • Soins palliatifs : 105
  • Cancérologie déclinaison hémato-cancérologie pédiatrique : 41
  • Cancérologie traitements médicaux des cancers, déclinaison cancérologie de l’adulte : 152
  • Cardiologie pédiatrique et congénitale : 41
  • Chirurgie en situation de guerre ou de catastrophe : 40
  • Chirurgie orbito-palpébro-lacrymale : 34
  • Expertise médicale-préjudice corporel : 29
  • Chirurgie de la main : 53
  • Foetopathologie : 28
  • Génétique et médecine moléculaire bioclinique : 46
  • Hématologie bioclinique : 46
  • Hygiène-prévention de l’infection, résistances : 48
  • Maladies allergiques : 59
  • Médecine du sport : 66
  • Médecine et biologie de la reproduction-andrologie : 95
  • Médecine scolaire : 39
  • Sommeil : 57
  • Thérapie cellulaire / transfusion : 28
  • Urgences pédiatriques : 69
  • Endoscopie chirurgicale : 13
  • Chirurgie ophtalmopédiatrique et strabologique : 25
  • Audiophonologie : 28
  • Réanimation pédiatrique : 47
  • Cardiologie interventionnelle de l’adulte : 44
  • Rythmologie interventionnelle et stimulation cardiaque : 38
  • Néonatologie : 63
  • Imagerie cardiovasculaire d’expertise : 53
  • Neuropédiatrie : 41
  • Pneumopédiatrie : 38
  • Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent : 147
  • Psychiatrie de la personne âgée : 62
  • Radiologie interventionnelle avancée : 90
  • Administration de la santé : 29
Pour mémoire, ce système de formations spécialisées transversales et d’options a été créé par la réforme du troisième cycle des études. Toutes sont d'une durée de deux semestres et ont pour objectif de permettre aux internes d'acquérir des compétences complémentaires dans le champ de leur spécialité d'origine. 

L’an dernier, ce sont 2114 postes qui avaient été proposés pour le lancement des FST et des options en 2019-2020.

Internes en médecine générale : Olivier Véran, un ministre à l'écoute

publiée le 02 mars 2020

Pour son premier déplacement en tant que ministre de la Santé, Olivier Véran est venu au congrès de l’ISNAR-IMG. L’occasion d’aborder, entre autres sujets, la question du temps de travail des internes, qui a fait l’objet d’annonces ministérielles.

Le traditionnel congrès annuel de l’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes en médecine générale (Isnar-Img) s’est tenu à Saint-Etienne fin février. Et a reçu, à l’occasion de cette 21ème édition, deux invités de marque, en la personne du président du Collège national des généralistes enseignants (CNGE), le Pr Vincent Renard, et du tout nouveau ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran. Au menu des discussions : la question de l’emploi du temps et des conditions de travail des internes en médecine générale (IMG), notamment lorsque ces derniers sont en stage à l’hôpital. Chiffres à l’appui. En effet, le Pr Renard a dévoilé les premiers résultats d’une grande enquête nationale s’appuyant sur plus de 2 000 réponses d’IMG sur leur "emploi du temps" en formation. 

Surcharge de travail


Ainsi, les futurs médecins généralistes passent en moyenne 9,54 demi-journées hebdomadaires en stage. Pour mémoire, les textes réglementaires prévoient que les internes en médecine générale passent chaque semaine 8 demi-journées en stage, une demi-journée à la faculté et une demi-journée pour leur travail personnel. Si, avec une moyenne de 7,88 demi-journées par semaine de stage, l’ambulatoire respecte la réglementation, l’hôpital, lui, affole les compteurs puisque le temps de travail hebdomadaire moyen des IMG y atteint 10,44 demi-journées. Un chiffre qui cache par ailleurs de fortes disparités régionales. A l’arrivée, il n’est donc pas surprenant qu’un gros tiers des internes interrogés (37%) qualifient leur charge de travail comme allant de « lourde à très lourde ».

Engagement ministériel 


Cette réalité, le nouveau ministre de la Solidarité et de la Santé qui, pour son premier déplacement et son premier discours avait donc choisi le congrès des internes en médecine générale, a assuré l’avoir entendue. Olivier Véran s’est en effet engagé sur plusieurs questions. Le non-respect du temps de travail hebdomadaire de 48 heures pour les internes tout d’abord, qui « n’est plus acceptable, il y a eu trop de drames ». C’est en ce sens que le ministre s’est dit prêt à engager des sanctions financières contre les établissements qui n'appliqueraient pas la législation. La comptabilisation des demi-gardes ensuite, qui seront ainsi désormais rémunérées. Quant à la prime perçue par les internes qui réalisent des stages en zone sous-dense, elle devrait passer de 200 à 300 euros brut par mois. Enfin, en matière de liberté d’installation le nouveau locataire de l’avenue de Ségur a assuré aux quelque 700 congressistes présents qu’il s’opposera « à tous ceux qui prônent la coercition à l’installation ». « Nous avons bien sûr été honorés par sa visite. Mais cela ne nous empêchera pas d’être hyper-vigilants sur la traduction concrète de ses propos. Surtout en matière de respect du temps de travail. En plus du risque accru de tragédies individuelles qui peuvent culminer au suicide, un interne épuisé ne peut pas prendre convenablement en charge les patients », analyse le porte-parole de l’Isnar, Matthieu Thomazo. 

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