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Heureuse qui, comme une Medtech, a fait un beau voyage

publiée le 24 février 2020

Le CES de Las Vegas permet de découvrir les dernières innovations technologiques dans le monde de la santé. Quels bénéfices en attendre à terme pour les patients et le personnel médical ?

Le Consumer Electronics Show (CES) constitue une occasion unique pour les jeunes pousses de la Tech de se faire connaître, chercher des partenaires ou lever des fonds. Ce salon est aussi l’occasion de mettre en lumière les dernières nouveautés dans le domaine de la santé, avec le Digital Health Summit, qui s’est tenu les 7 et 8 janvier. 

Les entreprises françaises sont bien positionnées. En voici 3 d’entre elles  :

Withings : la qualité du sommeil

Basée à Issy-les-Moulineaux, Withings a présenté au salon une nouvelle montre, baptisée «ScanWatch». Elle permet de mesurer l’activité électrique du cœur et de détecter la fibrillation auriculaire et l’apnée du sommeil. 

Cet accessoire embarque un capteur pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang, un manque d’oxygène étant l’un des signes de l’apnée du sommeil. Un tel diagnostic peut encourager le porteur de la montre à consulter son médecin.


La montre Move ECG, qui peut signaler la fibrillation auriculaire, est en vente sur son site au prix de 129,95€.

Créée en 2008, la société veut devenir le leader mondial de la remontée de données cliniques issues de la vie quotidienne. Certains observateurs considèrent même qu’avec ce type de nouveaux produits et services, on bascule peu à peu dans l’ère de la médecine personnalisée et prédictive.

Compte tenu du caractère très innovant de ce produit, Withings a obtenu trois CES Innovation Awards lors du salon.


Hygia : mesurer les constantes

Dans un autre domaine, la jeune entreprise toulousaine Hygia a mis au point une application, qui fait office de carnet de santé numérique.

Cet outil est couplé à un fauteuil connecté, qui est destiné à être installé dans la salle d’attente des cabinets médicaux ou dans les pharmacies.

L’idée est que le patient mesure lui-même certaines données comme sa température, sa tension, ou encore son rythme cardiaque.


Hygia estime que ce fauteuil 2.0 va faire gagner un temps précieux aux médecins. Son utilisation par un généraliste est facturée environ 110€ par mois.

Ce quasi-assistant médical pourrait aussi être déployé dans les Ehpad et en médecine du travail. La société espère équiper 15.000 professionnels de santé d’ici à 2025.

MyEndoApp : prévenir l'endométriose

Aussi présente dans le Nevada, MyEndoApp propose aux femmes un test de dépistage sous la forme d'un questionnaire disponible depuis une application mobile.

Selon ses promoteurs, il peut s'écouler 10 ans entre l'évocation des premiers symptômes par une patiente et l'établissement d'un diagnostic. C’est ce délai que les entrepreneurs veulent réduire.

Au départ, la patiente décrit ses symptômes en répondant à certaines questions. Ceci permet ensuite à l’application d’évaluer sa situation, en lui indiquant le niveau de probabilité d'être atteinte d'endométriose. 




Les différentes données liées à la pathologie sont hébergées de manière sécurisée. Et, elles sont accessibles au médecin traitant.



L’un de ses associés, le Dr Jean-Philippe Estrade, qui exerce comme gynécologue obstétricien à Marseille, nous a indiqué que la présence de son équipe à Las Vegas leur a permis d’observer la concurrence et de s’apercevoir que MyEndoApp est « bien dans le tempo ».

Ses dirigeants ont également noué des contacts prometteurs avec des spécialistes R&D de groupes médicaux.

MyEndoApp est une application à téléchargement gratuit avec un achat intégré de 9,99€. Disponible en plusieurs langues, elle a déjà été téléchargée plus de 13.000 fois.

Des pharmaciens dans le sud de la France vont commencer à déployer l’application sur des tablettes en officine. D’autres professionnels pourraient s’y intéresser, comme des sages-femmes et des infirmières scolaires.

Health Data Hub : la recherche passe à la vitesse supérieure

publiée le 10 février 2020

Pour l’anecdote, la création du Health Data Hub (HDH) trouve son origine dans un rapport sur l’Intelligence artificielle remis au chef de l’Etat en 2018 par le député mathématicien Cédric Villani… Pour autant, le HDH s’inscrit dans un mouvement déjà amorcé depuis 2016. En effet, c’est à ce moment que le Système national des données de santé (SNDS) a commencé à regrouper un certain nombre de bases de données. Mais avec le Health Data Hub, le changement d’échelle est de taille.

Concrètement, en plus des données de l’Assurance Maladie, les chercheurs auront, par exemple, également accès à d’autres bases de données, comme celles des passages aux urgences (16 millions par an) ou encore aux dossiers de 1,5 million de patients fournis par l’Institut national du cancer. « L’objectif du Hub est de décloisonner la structuration actuelle des données de santé françaises. D’une part, avec l’Assurance Maladie, nous disposons d’une base de données de remboursement, qui figure parmi les plus performantes du monde. Tandis que d’autre part, les données cliniques comme les scanners par exemple sont, elles, éparpillées entre les professionnels libéraux et les établissements de santé. L’idée est de les réunir et que les chercheurs puissent entraîner des algorithmes sur des bases de données désormais transversales. », explique David Gruson, spécialiste du secteur. Avec le « Hub », donc, ces métadonnées, toujours anonymisées, seront rassemblées. Et placées sous haute surveillance.

Garanties de sécurité

En effet, le Health Data Hub, placé sous l’autorité du ministère de la Santé est protégé par la Commission nationale informatique et liberté (CNIL). Son accès est réservé aux équipes de recherche qui ont développé « une application à base d’intelligence artificielle » à destination des professionnels de santé ou des patients. En clair, l’analyse des données santé réalisée par les chercheurs doivent s’inscrire dans un projet contribuant à faire avancer la prévention ou la thérapie dans tel ou tel domaine médical. Ils doivent en faire la demande auprès de la CNIL qui donne, ou non, son aval. 
Seulement, certains spécialistes ont fait part de leur réserve quant à la réelle sécurisation de l’accès à ces informations. En effet, le Health Data Hub est hébergé par un service de Microsoft, l’une des rares entités à pouvoir accueillir un tel volume d’éléments. Une inquiétude que tempérait, lors de l’annonce officielle de la création du HDH, la cheffe du projet à la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé, Stéphanie Combes. Cette dernière indiquant que la donnée hébergée par l’un des membres des Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) est chiffrée et que la clef n’est pas détenue par Microsoft. En outre, les différents tests anti-« hacking » (piratage) développés par les services ad hoc du ministère ont tous fait preuve de leur efficience. 
Dernière information, le Health Data Hub est prévu pour être opérationnel au mois de mai prochain.

Les pharmaciens face à l'IA

publiée le 05 novembre 2019


Entretien 


Entretien avec David Gruson, spécialiste de l’IA et de son application en santé 

Impossible d’en faire abstraction. L’intelligence artificielle est en passe de faire partie intégrante de notre système de soins. Et toutes les professions de santé pourraient, à terme, être concernées. Les pharmaciens au premier chef, selon le spécialiste David Gruson. Eléments d’explication.

La Médicale : Vous faites partie des spécialistes de l’Intelligence Artificielle (IA) qui estiment qu’elle a toute sa place en pharmacie d’officine…

David Gruson L’officine pourrait, en effet, être un point de jonction entre trois types d’intelligence artificielle. La première concerne l’application technique, ce qu’on appelle l’apprentissage machine par reconnaissance d’image. C’est-à-dire on prend un scanner ou un IRM et on va entraîner l’algorithme à y détecter le signe ou l’absence de signe de pathologie. 


Mais quel est le lien avec l'officine ? 

David Gruson : Je vais prendre un exemple concret. Il existe aujourd’hui des algorithmes automatisés qui réalisent le diagnostic de la rétinopathie-diabète. Ils existent sur le marché américain et seront bientôt utilisés en Europe. On peut tout à fait imaginer que, depuis l’officine, le patient qui aura vu son médecin traitant et qui aura présenté une suspicion de rétinopathie diabétique, vienne à l’officine accéder à l’algorithme. Et que le résultat de cet algorithme soit transmis, via le Dossier Pharmaceutique ou le DMP, à un spécialiste ophtalmologiste qui décidera des mesures de prises en charge. La pharmacie deviendrait ainsi un lieu d’accès à des algorithmes déjà fiabilisés

Et quel serait les deux autres usages de l'IA ?

David Gruson : La deuxième voie est ce qu’on pourrait appeler l’IA de pilotage par les données, celle qui traite de données de santé sur une population ou un territoire défini et pour lesquelles il y a besoin d’avoir de la collecte de données de santé. La pharmacie est lieu privilégié pour cela. L’officine permet d’avoir des contacts récurrents avec des patients, notamment dans le cadre des maladies chroniques et métaboliques, c’est un point d’entrée fort en matière d’étude épidémiologique.
Quant au troisième point d’usage de l’IA, qui est celui dont on parle le moins mais qui est sans doute le plus effectif, est ce qu’on appelle l’IA de back office. Elle assure les fonctions support sur les approvisionnements et la dispensation médicamenteuse. Sur ce segment précis, toutes les fonctions qui sont en amont ou en aval de l’officine pourront faire l’objet d’éléments d’automatisation.

Y sommes-nous prêts tant techniquement que philosophiquement ? 

David Gruson : Le mouvement est déjà à l’œuvre, ce que je viens d’évoquer existe déjà. Nous ne sommes pas dans de la science-fiction, mais bien dans la réalité effective. Ce qui ne signifie pas pour autant que le système soit opérationnel et mûr. Il y aura besoin de gros efforts de formation auprès des professionnels. Un premier palier a été franchi cet été avec l’inscription au mois d’août dernier de l’IA dans les orientations prioritaires de développement professionnel continu. Mais il faut franchir le cran suivant qui est celui de l’insertion de programmes de formation de sensibilisation à l’IA dès le début des cursus de formation initiale. C’est ce que souhaitent faire les doyens de formation en médecine. C’est évidemment ce qu’il faut aussi faire pour les étudiants en pharmacie. 

A quel horizon, l’Intelligence artificielle fera-t-elle partie intégrante de notre paysage médical et sanitaire : 10, 20, 30 ans ? 

David Gruson : Impossible de le dire. En revanche, ce qui est certain, c’est que si on ne s’ouvre pas en France à l’IA et au pilotage par les données, cette technique nous sera imposée par des systèmes d’IA conçus aux USA ou en Chine. C’est pour cela qu’il est essentiel de résoudre les questions éthiques que posent le recours à l’intelligence artificielle dans notre système de soins français. Cela a été l’objet d’une des propositions élaborées avec le Conseil Consultatif National d’Ethique : le principe de garantie humaine en matière d’IA. Ce principe est fondamental. Il faut, à chaque étape importante d’utilisation de l’intelligence artificielle, s’assurer qu’il y ait un niveau suffisant de supervision humaine assurée par un professionnel de santé. Ce principe est maintenant au cœur de l’article 11 du projet de loi de bioéthique qui entre en débat l’an prochain. 

Propos recueillis par François Petty
Crédit photo : Elombard

Quand les questions de santé mentale s'exposent sur Instagram

publiée le 18 octobre 2019

Instagram revendique plus d’un milliard d’utilisateurs mensuels, dont 17 millions en France. Le principe de ce réseau consiste pour les internautes à partager des photos, le plus souvent en se présentant sous son meilleur jour. Mais il s’est aussi formé des communautés très variées, par exemple autour des questions de santé mentale.

Une floraison de psychiatres, psychologues et thérapeutes est apparue sur Instagram, en particulier aux Etats-Unis, comme le Docteur Nicole LePera (alias The Holistic Psychologist), qui compte 892.000 fans. L’australienne Ashlee Bennet, qui utilise l’art thérapie pour travailler sur l’image du corps, l’acceptation de soi et la phobie du gras, est suivie par 66.000 abonnés. Elle offre des consultations en ligne… le premier quart d’heure est gratuit.

Ces professionnels de la santé mentale influenceurs multiplient les maximes sur fond neutre, afin d’aider les adeptes d’Instagram à se sentir mieux. Leurs posts sur les relations humaines, le burn out, le processus des émotions et l’auto-guérison, suscitent souvent des centaines de commentaires témoins parfois d’une grande détresse. 

Voir cette publication sur Instagram

As I transitioned from a therapist, to a coaching/consulting model, the focus of my work became habit creation. The most common thing I heard in therapy is the feeling of being “stuck.” Stuck is what we say when we feel 2 things: 1. Lack of self trust (from years of betraying ourselves) 2. We feel paralyzed by mental resistance Mental resistance is the voice in our minds that tells us not to do something. It’s the critical voice that seeks to keep us in our familiar. In order to heal, grow, and evolve, we have to leave the space of comfort. All growth (natural law) happens when we leave the familiar and embrace the unknown. Of course, this is the great paradox of the human experience because of brain does NOT seek growth. It seems safety and a practicable future based on subconscious past memory. To leave that familiar, we have to set up daily situations where we get past our minds. Meaning, we hear the mental chatter but do it anyway. These small situations help to restore self trust. The more we can make a CHOICE regardless of the mental chatter, the more empowerment we find. It’s a practice. These are just a few of my favorite ways to get past my mind. What would you add? #selfhealers

Une publication partagée par Dr. Nicole LePera (@the.holistic.psychologist) le


Il ne s’agit pas à proprement parler de thérapie. Media de masse, Instagram est loin de la personnalisation et de la confidentialité d’un suivi psychologique en bonne et due forme. D’ailleurs, nombre de ces professionnels de santé fournissent des liens qui permettent de se renseigner sur une thérapie plus traditionnelle.

Néanmoins, les encouragements de la communauté peuvent se révéler utiles. En postant des photos de leur repas et en partageant leur vie quotidienne, de jeunes personnes anorexiques trouvent un soutien. Il serait ainsi plus facile de s’exprimer virtuellement qu’en tête à tête avec un proche. Selon certains médecins, les photographies permettent en particulier de prendre de la distance.

A 20 ans, Eva Lecorvaisier a commencé à tenir un compte Instagram (_littlepeanut) en 2015. L’idée lui est venue en tombant sur le compte pro-recovery (pour guérir) d’une autre personne souffrant d’anorexie, avec qui elle a commencé à échanger. Elle a ensuite lancé son propre compte, pour être aujourd’hui suivie par 14.000 personnes. La jeune femme estime avoir franchi un cap lorsque qu’elle a commencé à se montrer physiquement sur le réseau, alors qu’au départ elle ne postait que des assiettes de biscuits. En février dernier, Eva a expliqué sur YouTube comment elle avait cessé de peser ses aliments en jetant la pile de sa balance électronique. 

Dans un autre genre, l’illustrateur Théo Grosjean confie ses angoisses – pensées morbides, crises de panique… – sous la forme d’une BD publiée chaque semaine sous le nom L’Homme le plus flippé du monde. 



Pour lui, le format artistique facilite les échanges. Il estime que les hommes ne doivent plus avoir honte de leurs angoisses, même si les normes sociales les forcent encore trop souvent à les masquer. A ce titre, beaucoup d’hommes écrivent en privé à Théo Grosjean pour le remercier d’aborder ces sujets sans fard.
Lorsqu’on tape le hashtag #depression sur Instagram, il en ressort 20 millions d’occurrences, et le meilleur côtoie le pire. Le réseau social propose alors dès la saisie de ce hashtag une action de prévention sur le suicide et l’automutilation renvoyant sur le site befrienders.org.

Entretien avec la Pr Catherine ADAMSBAUM, présidente des Journées Francophones de Radiologie

publiée le 16 octobre 2019


Entretien 


Entretien avec la Pr Catherine ADAMSBAUM, présidente des Journées Francophones de Radiologie 

Le grand rendez-vous annuel de la profession s’est terminé ce lundi. Le thème de cette édition 2019 ? « Le radiologue augmenté ». Explication de texte avec la présidente des JFR et Chef du service de radiologie pédiatrique de l’hôpital Bicêtre.   


La Médicale : Depuis combien de temps les JFR existent-elles ?

Pr Catherine Adamsbaum Nous en sommes à la 67è édition. Avec plus de cent conférences scientifiques et quelque trois cents heures d’ateliers sur le thème de la radiologie, je pense qu’il s’agit du plus grand rendez-vous francophone mondial de la profession. Les JFR sont vraiment un carrefour d’échanges extrêmement important.


Pourquoi avoir choisi le thème du « radiologue augmenté » ; en quoi « augmente » -t-il ?

Pr Catherine Adamsbaum : Le radiologue a toujours été un médecin avec des outils puissants à sa disposition. Il a d’abord « augmenté » parce que sa technologie a extrêmement évolué. Il y a quarante ans, nous n’avions que les radiographies. Progressivement nous avons eu l’anatomie en coupe (échographie, scanner, IRM), puis l’imagerie fonctionnelle. Nous pouvons désormais faire de l’imagerie paramétrique, donner les caractéristiques des tissus. La radiologie interventionnelle se développe énormément (thrombolyse d’AVC, traitement percutané ciblé d’une tumeur, etc.). Le radiologue a donc « augmenté » technologiquement, ce qui l’a un peu cantonné derrière les consoles. Je pense que la véritable « augmentation « du radiologue aujourd’hui réside dans sa prise de conscience qu’il est au cœur du parcours de santé et qu’il va vers le patient et les autres soignants qui entourent également ce dernier. A l’arrivée, le radiologue devient donc « augmenté » dans plusieurs dimensions, diagnostiques et thérapeutiques, mais aussi éthiques. 

À propos d’avancées « algorithmiques », que représente pour vous l’arrivée de l’intelligence artificielle, source de fantasmes et de crainte pour certains ?

Pr Catherine Adamsbaum : L’intelligence artificielle (IA) est un outil comme un autre. Comme c’est un fantasme récurrent pour l’homme d’être un jour remplacé par un robot, ce risque a toujours été mis en avant. Mais en réalité, l’IA ne va pas remplacer le radiologue. De même que lorsque le téléphone a émergé, il n’a pas remplacé la discussion physique entre deux individus. C’était juste un autre mode de communication. L’intelligence artificielle va nous aider dans des tâches répétitives pour lesquelles nous n’avons pas de valeur ajoutée, comme des tâches administratives de rédaction de compte rendu, de volumétrie… Bref des tâches qui sont moins brillantes que des tâches réellement médicales. L’IA est un outil extraordinaire, mais comme tout outil, il doit trouver sa juste place. Il faut le faire avancer, lui donner du Big data à étudier, bref, faire travailler les algorithmes. Mais ensuite, ces algorithmes, il faudra les valider.

Selon quels critères ? À qui appartiennent les données de santé :  au patient, aux médecins, voire à l’État…
Pr Catherine Adamsbaum : Votre question est double. La seconde est d’ordre éthique et bien évidemment nous interpelle aussi. C’est la raison pour laquelle nous avons invité le président du Comité Consultatif National d’Ethique, le Pr Jean-François Delfraissy qui est intervenu dans une conférence sur le sujet de la médecine du futur et des enjeux éthiques. 
Ensuite, l’autre question, c’est : une fois que nous aurons les Big data, comment les algorithmes seront-ils implémentés dans notre vie quotidienne de médecin ?
Elles le seront d’une façon progressive. On ne dira jamais au patient : « vous allez dans une machine, celle-ci va vous sortir une cartographie paramétrique et vous aurez votre diagnostic ». C’est tout simplement impossible. Il existera toujours des faux négatifs et des faux positifs, il faudra toujours un(e) radiologue pour analyser les résultats. L’IA ne remplacera jamais un médecin. En revanche, avec cette dernière, nous disposerons de plus de temps pour le patient.
Le radiologue est avant tout un médecin au cœur du parcours de santé.

Propos recueillis par François Petty
Crédit photo : DR

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