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Aider les aidants

publiée le 31 décembre 2019

80% des quelque 10 millions de proches aidants en France ont le sentiment de ne pas être suffisamment aidés et considérés par les pouvoirs publics. Ce constat devrait a priori évoluer favorablement d’ici 3 ans, le temps de déployer la toute première stratégie gouvernementale en faveur des proches aidants. L’ambition : prévenir leur épuisement et leur isolement.

Sensibilisation des professionnels de santé

La santé des proches aidants fait partie des préoccupations prises en compte par la stratégie gouvernementale car un tiers des aidants délaissent leur propre santé (Baromètre BVA d’avril 2018). Il est ainsi prévu de former les professionnels de santé au repérage des difficultés de santé physique et psychologique rencontrées par les aidants. Autre mesure qui entrera en vigueur en 2020 : un aidant devra être identifié comme tel dans son dossier médical partagé.

Augmenter et diversifier les solutions de répit

Un des axes majeurs de la stratégie nationale vise à augmenter significativement les capacités d’accueil des lieux de répit (a minima les doubler d’ici 2022). Le relayage à domicile devrait être généralisé, fort de son expérimentation récente dans 54 départements. Rappelons qu’il consiste à faire intervenir ponctuellement un salarié — le relayeur — auprès d’une personne aidée, afin de soulager le proche aidant. Une autre expérimentation sera menée dès 2020 pour favoriser l’accueil des familles avec enfants en situation de handicap dans les centres de vacances ordinaires.

Un congé indemnisé jusqu’à 66 jours

Sachant que 6 aidants sur 10 travaillent (Baromètre 2019, Fondation April et BVA), et qu’ils sont nombreux à avoir du mal à concilier leur rôle d’aidant avec leur vie professionnelle, la mesure la plus attendue était la création d’un congé indemnisé pour les aidants. C’est chose faite. À compter d’octobre 2020, une allocation pourra être versée aux aidants qui sont salariés, fonctionnaires, travailleurs indépendants ou chômeurs indemnisés. Elle indemnisera jusqu’à 66 jours de congés pris de manière consécutive ou fractionnée.

D’autres mesures prévoit également la création de lieux d’accueil et d’une plateforme numérique pour orienter les aidants vers les aides et solutions d’accompagnement, l’aménagement des rythmes scolaires pour les jeunes aidants…

Vers un congé indemnisé pour les aidants

publiée le 30 août 2019

À partir de 2020, les aidants devraient pouvoir solliciter un congé indemnisé pour s’occuper de leur proche âgé, malade ou handicapé. C’est la ministre de la santé qui l’a annoncé cet été. Les modalités seront bientôt précisées.

En juillet, la ministre de la santé et des solidarités, Agnès Buzyn, a annoncé la création en 2020 d’un congé indemnisé pour les aidants qui soutiennent un proche âgé, malade ou handicapé. Cette mesure pourrait figurer dans le prochain budget annuel de la Sécurité sociale qui sera voté cet automne. Reste à connaître les modalités concrètes. Quelle sera la durée du congé ? Quels montant seront proposés ? À quelles conditions ? Tous les travailleurs seront-ils concernés ? Des précisions seront présentées ces prochaines semaines par la ministre de la santé et la secrétaire d’État au handicap.

Le congé de proche aidant actuel est réservé aux salariés du privé.

Aujourd’hui, près de 8 millions de personnes soutiennent un proche, qu’il s’agisse de la maladie d’Alzheimer, une personne âgée dépendante, un enfant handicapé… 80% d’entre eux ont moins de 64 ans, et près de 60% continuent à travailler. Selon les cas, ils consacrent ente 5 et 20 heures par semaine à leur proche, parfois davantage…

Ainsi, il est souvent difficile pour l’aidant de concilier cet accompagnement avec un emploi.
Deux dispositifs existent actuellement.
  • Le congé de proche aidant permet à un salarié du privé de suspendre ou de réduire son activité pendant une période de 3 mois, éventuellement fractionnée. Ce congé est renouvelable dans la limite d’un an sur l’ensemble de sa carrière. Il est assorti d’une garantie du maintien dans l’emploi. Il est non rémunéré.
  • Le congé de solidarité familiale est accessible aux salariés du privé et aux fonctionnaires qui accompagnent un proche en fin de vie. Il permet d’arrêter de travailler ou de solliciter un temps partiel pendant une période 3 mois renouvelable une fois. Pendant ce congé, qui n’est pas rémunéré, il est possible de toucher l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie.

Comment aider les aidants

publiée le 08 octobre 2018

Alors que vient de se tenir le 6 octobre la neuvième édition de la Journée nationale des aidants, La Médicale* a rencontré le délégué général du Collectif des aidants, à l’origine de l’organisation de cette journée qui compte des centaines d’événements destinés à aider et à accompagner celles et ceux qui s’occupent, au quotidien, d’un proche malade.

Le thème retenu par le collectif « Je t’Aide » pour la neuvième journée nationale des aidant·e·s a été choisi cette année par les principaux concernés. Il s’agit de leur propre santé. En effet, et ce n’est pas véritablement surprenant, les personnes qui accompagnent un proche malade sont nombreuses à déclarer que l’aide qu’ils apportent, a un impact sur leur santé. Déjà, en 2012, une étude de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques) relevait que « le stress, l’anxiété et le surmenage » étaient les trois premiers facteurs exprimés par les aidants. Et, selon le rapport de 2016 de la Ligue contre le cancer**, ils étaient 63%, dans le cas du suivi d’un proche atteint de cancer, à connaître des problèmes de sommeil.

Le retard français

« Contrairement à l’Angleterre qui a, dès les années 60-70, commencé à intégrer la prise en charge des aidants et à les doter d’un statut à part entière, nous avons pris du retard en France », diagnostique Olivier Morice, délégué général du Collectif « Je t’Aide ». Ce qui n’empêche pas les choses d’évoluer, petit à petit, pour les quelque 11 millions d’aidant·e·s que compte l’Hexagone. D’une part, des associations se sont créées, spontanément, et ont développé des automatismes. Comme faire ses premières demandes d’information auprès des CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) et des CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination). D’autre part, la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV, grave, en 2015, certaines dispositions dans le marbre. Dont la plus importante : elle confère désormais un véritable statut à l’aidant. Et une définition. 

L’avancée ASV

Un « aidant » est une personne qui vient en aide de manière régulière, à titre non professionnel, pour accomplir une partie ou la totalité des actes de la vie quotidienne d’une personne âgée en perte d’autonomie ». Conjoints, concubins, partenaires de Pacs ou encore parents peuvent ainsi bénéficier entre autres, d’un « droit au répit » et d’aides pour financer, par exemple, un séjour de leur proche dans un établissement d’hébergement temporaire, afin de pouvoir « souffler » un peu.  

Une « boîte à outils »

« Ce texte a indéniablement été un premier pas essentiel », admet Olivier Morice. Mais il est loin de tout régler. Trop souvent, encore, lorsqu’un salarié demande aujourd’hui un « congé de proche aidant », il n’est pas rémunéré. « En réalité, c’est un congé sans solde », relève le délégué général du collectif « Je t’Aide », dont les équipes ont travaillé à la mise en place d’un « kit des aidants », sorte de boîte à outils disponible sur le site internet de la journée nationale des aidants. « L’objectif est de mettre à leur disposition la marche à suivre pour, justement, prendre un congé spécifique, ou obtenir des allocations, ou encore savoir quel est le professionnel de santé le plus proche de leur domicile qui pourra faire une visite en fin de journée par exemple », conclut Olivier Morice.

BON À SAVOIR :

*Le Groupe Crédit Agricole Assurances (CAA), pionnier de l'engagement

Pour le Crédit Agricole, en tant qu’assureur, familier des questions liées à la dépendance et à la prévention, le choix d’un engagement auprès des aidants a été assez naturel. Pour autant, en 2010, le sujet était méconnu et peu porté par les pouvoirs publics. CAA a été l’une des premières entreprises à s’emparer du sujet. Cette intervention prend trois formes complémentaires : 

1- Un soutien financier des organismes d’intérêt général qui œuvrent auprès des aidants. Depuis 2010, un appel à projets national annuel a permis de soutenir 150 projets partout en France pour une enveloppe globale de plus de 2 millions d’euros.

2- Depuis deux ans, un accompagnement des associations lauréates dans le cadre d’une action de formation collective sur des problématiques qui leur sont propres : financement, rayonnement territorial, mise en place de partenariats locaux et nationaux, communication…

3- Dans l’offre dépendance de Crédit Agricole Assurances, le contrat prévoit un financement de 1000 euros de manière à financer le répit de l’aidant ainsi que des services divers comme une aide administrative.

** Observatoire sociétal des cancers, La Ligue contre le cancer, 2016, Rapport : Les aidants, les combattants silencieux du cancer p.8

Crédits photos @rawpixel

Communauté humanitaire internationale

publiée le 04 septembre 2018

Humanitaire : bénévoles, volontaires, salariés… les clés pour une mission réussie.



Portrait : ces soignants qui s'engagent

publiée le 27 août 2018

Dr Yannick Schmitt, président de ReAGJIR, bénévole à Médecins du Monde.

Parce qu’il croit en une certaine idée de la médecine, ce jeune généraliste a fait le choix de l’engagement. Et prouve, qu’avec une bonne dose d’organisation, il est possible d’exercer en adéquation avec ses idéaux.

À trente-trois ans, cela fait maintenant quatre ans que le Dr Yannick Schmitt exerce dans son cabinet d’Ingolsheim, dans le sud de la banlieue de Strasbourg. Ce fils unique, d’une maman infirmière et d’un papa qui travaillait dans les pompes funèbres, le reconnaît volontiers. « Comme beaucoup de mes confrères, je ne suis pas devenu médecin généraliste par hasard ». Mais la génération des «médecins Millennials » a appris de l’expérience de ses aînés. Et tend vers une nouvelle organisation de l’exercice. En mode collaboratif. « Les journées sont toujours aussi longues, mais en travaillant à plusieurs, on parvient à répondre aux demandes des patients, tout en se ménageant des plages qui nous permettent de nous atteler à, qui sait, une définition plus proche et plus satisfaisante de ce qui nous a conduit à choisir cette profession », analyse le Dr Yannick Schmitt. Pour preuve, le généraliste cumule aujourd’hui les casquettes qui le voient exercer à deux en médecine générale, assumer les fonctions de président du syndicat des jeunes généralistes remplaçants, ReAGJIR (Regroupement Autonome des Généralistes Jeunes Installés et Remplaçants), tout en assurant une participation bénévole au centre de consultations de Médecins du Monde (MDM), à la périphérie de Strasbourg. 

Semaine intense 


« La semaine est intense et court de 8h30 à 19h. Pour autant, le fait de travailler à deux et de faire appel à un remplaçant le cas échéant, me permet de dégager une demi-journée par mois, le mercredi, où je participe aux consultations de MDM. Il y a deux niveaux d’intervention », poursuit le jeune généraliste investi : « le centre de consultations, lui-même, qui assure une permanence tous les matins, et la mission mobile, une équipe de maraude (une forme de consultation itinérante des personnes à la rue), qui se déplace auprès des sans domicile fixe une fois par semaine ». « À priori, les professionnels de santé ne font partie que d’une seule de ces deux équipes, mais compte-tenu de mon emploi du temps particulier, j’ai eu la chance, si je puis dire, d’alterner les deux expériences ». 

L’école de l’humilité 


Verdict ? « C’est l’école de l’humilité. Pour les maraudes, cela prend du temps d’arriver à tisser un lien. Et on pare souvent au plus pressé. Une ébauche de contact, une bouteille d’eau, un rendez-vous pour une consultation au centre lui-même… c’est un travail de longue haleine ». Quant à la consultation physique dans le local de MDM : « au-delà des pathologies, ce sont surtout les travailleurs sociaux qui font le gros du boulot. Ecouter les gens, leur (ré)ouvrir des dossiers pour faire valoir leurs droits… ». Mais il arrive que parfois, le médecin généraliste se trouve face à face avec un ou une patiente qui le marquera à vie. Comme cette dame qui ne parlait pas très bien le français, venue consulter pour des « douleurs un peu partout. Mais si elle pouvait revenir un peu plus tard, docteur, il faut que j’amène ma fille à l’école ». « Bien sûr madame, je vous attends ».

Parfois la patience et l’écoute font tout. La dame est revenue.  « Nous avons discuté, je l’ai auscultée. Cela a été la toute première brique et ma première expérience dans l’accompagnement d’une femme victime de violences conjugales », se souvient le Dr Schmitt.

Crédit photo : DR

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