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Quand les questions de santé mentale s'exposent sur Instagram

publiée le 18 octobre 2019

Instagram revendique plus d’un milliard d’utilisateurs mensuels, dont 17 millions en France. Le principe de ce réseau consiste pour les internautes à partager des photos, le plus souvent en se présentant sous son meilleur jour. Mais il s’est aussi formé des communautés très variées, par exemple autour des questions de santé mentale.

Une floraison de psychiatres, psychologues et thérapeutes est apparue sur Instagram, en particulier aux Etats-Unis, comme le Docteur Nicole LePera (alias The Holistic Psychologist), qui compte 892.000 fans. L’australienne Ashlee Bennet, qui utilise l’art thérapie pour travailler sur l’image du corps, l’acceptation de soi et la phobie du gras, est suivie par 66.000 abonnés. Elle offre des consultations en ligne… le premier quart d’heure est gratuit.

Ces professionnels de la santé mentale influenceurs multiplient les maximes sur fond neutre, afin d’aider les adeptes d’Instagram à se sentir mieux. Leurs posts sur les relations humaines, le burn out, le processus des émotions et l’auto-guérison, suscitent souvent des centaines de commentaires témoins parfois d’une grande détresse. 

Voir cette publication sur Instagram

As I transitioned from a therapist, to a coaching/consulting model, the focus of my work became habit creation. The most common thing I heard in therapy is the feeling of being “stuck.” Stuck is what we say when we feel 2 things: 1. Lack of self trust (from years of betraying ourselves) 2. We feel paralyzed by mental resistance Mental resistance is the voice in our minds that tells us not to do something. It’s the critical voice that seeks to keep us in our familiar. In order to heal, grow, and evolve, we have to leave the space of comfort. All growth (natural law) happens when we leave the familiar and embrace the unknown. Of course, this is the great paradox of the human experience because of brain does NOT seek growth. It seems safety and a practicable future based on subconscious past memory. To leave that familiar, we have to set up daily situations where we get past our minds. Meaning, we hear the mental chatter but do it anyway. These small situations help to restore self trust. The more we can make a CHOICE regardless of the mental chatter, the more empowerment we find. It’s a practice. These are just a few of my favorite ways to get past my mind. What would you add? #selfhealers

Une publication partagée par Dr. Nicole LePera (@the.holistic.psychologist) le


Il ne s’agit pas à proprement parler de thérapie. Media de masse, Instagram est loin de la personnalisation et de la confidentialité d’un suivi psychologique en bonne et due forme. D’ailleurs, nombre de ces professionnels de santé fournissent des liens qui permettent de se renseigner sur une thérapie plus traditionnelle.

Néanmoins, les encouragements de la communauté peuvent se révéler utiles. En postant des photos de leur repas et en partageant leur vie quotidienne, de jeunes personnes anorexiques trouvent un soutien. Il serait ainsi plus facile de s’exprimer virtuellement qu’en tête à tête avec un proche. Selon certains médecins, les photographies permettent en particulier de prendre de la distance.

A 20 ans, Eva Lecorvaisier a commencé à tenir un compte Instagram (_littlepeanut) en 2015. L’idée lui est venue en tombant sur le compte pro-recovery (pour guérir) d’une autre personne souffrant d’anorexie, avec qui elle a commencé à échanger. Elle a ensuite lancé son propre compte, pour être aujourd’hui suivie par 14.000 personnes. La jeune femme estime avoir franchi un cap lorsque qu’elle a commencé à se montrer physiquement sur le réseau, alors qu’au départ elle ne postait que des assiettes de biscuits. En février dernier, Eva a expliqué sur YouTube comment elle avait cessé de peser ses aliments en jetant la pile de sa balance électronique. 

Dans un autre genre, l’illustrateur Théo Grosjean confie ses angoisses – pensées morbides, crises de panique… – sous la forme d’une BD publiée chaque semaine sous le nom L’Homme le plus flippé du monde. 



Pour lui, le format artistique facilite les échanges. Il estime que les hommes ne doivent plus avoir honte de leurs angoisses, même si les normes sociales les forcent encore trop souvent à les masquer. A ce titre, beaucoup d’hommes écrivent en privé à Théo Grosjean pour le remercier d’aborder ces sujets sans fard.
Lorsqu’on tape le hashtag #depression sur Instagram, il en ressort 20 millions d’occurrences, et le meilleur côtoie le pire. Le réseau social propose alors dès la saisie de ce hashtag une action de prévention sur le suicide et l’automutilation renvoyant sur le site befrienders.org.

Entretien avec la Pr Catherine ADAMSBAUM, présidente des Journées Francophones de Radiologie

publiée le 16 octobre 2019


Entretien 


Entretien avec la Pr Catherine ADAMSBAUM, présidente des Journées Francophones de Radiologie 

Le grand rendez-vous annuel de la profession s’est terminé ce lundi. Le thème de cette édition 2019 ? « Le radiologue augmenté ». Explication de texte avec la présidente des JFR et Chef du service de radiologie pédiatrique de l’hôpital Bicêtre.   


La Médicale : Depuis combien de temps les JFR existent-elles ?

Pr Catherine Adamsbaum Nous en sommes à la 67è édition. Avec plus de cent conférences scientifiques et quelque trois cents heures d’ateliers sur le thème de la radiologie, je pense qu’il s’agit du plus grand rendez-vous francophone mondial de la profession. Les JFR sont vraiment un carrefour d’échanges extrêmement important.


Pourquoi avoir choisi le thème du « radiologue augmenté » ; en quoi « augmente » -t-il ?

Pr Catherine Adamsbaum : Le radiologue a toujours été un médecin avec des outils puissants à sa disposition. Il a d’abord « augmenté » parce que sa technologie a extrêmement évolué. Il y a quarante ans, nous n’avions que les radiographies. Progressivement nous avons eu l’anatomie en coupe (échographie, scanner, IRM), puis l’imagerie fonctionnelle. Nous pouvons désormais faire de l’imagerie paramétrique, donner les caractéristiques des tissus. La radiologie interventionnelle se développe énormément (thrombolyse d’AVC, traitement percutané ciblé d’une tumeur, etc.). Le radiologue a donc « augmenté » technologiquement, ce qui l’a un peu cantonné derrière les consoles. Je pense que la véritable « augmentation « du radiologue aujourd’hui réside dans sa prise de conscience qu’il est au cœur du parcours de santé et qu’il va vers le patient et les autres soignants qui entourent également ce dernier. A l’arrivée, le radiologue devient donc « augmenté » dans plusieurs dimensions, diagnostiques et thérapeutiques, mais aussi éthiques. 

À propos d’avancées « algorithmiques », que représente pour vous l’arrivée de l’intelligence artificielle, source de fantasmes et de crainte pour certains ?

Pr Catherine Adamsbaum : L’intelligence artificielle (IA) est un outil comme un autre. Comme c’est un fantasme récurrent pour l’homme d’être un jour remplacé par un robot, ce risque a toujours été mis en avant. Mais en réalité, l’IA ne va pas remplacer le radiologue. De même que lorsque le téléphone a émergé, il n’a pas remplacé la discussion physique entre deux individus. C’était juste un autre mode de communication. L’intelligence artificielle va nous aider dans des tâches répétitives pour lesquelles nous n’avons pas de valeur ajoutée, comme des tâches administratives de rédaction de compte rendu, de volumétrie… Bref des tâches qui sont moins brillantes que des tâches réellement médicales. L’IA est un outil extraordinaire, mais comme tout outil, il doit trouver sa juste place. Il faut le faire avancer, lui donner du Big data à étudier, bref, faire travailler les algorithmes. Mais ensuite, ces algorithmes, il faudra les valider.

Selon quels critères ? À qui appartiennent les données de santé :  au patient, aux médecins, voire à l’État…
Pr Catherine Adamsbaum : Votre question est double. La seconde est d’ordre éthique et bien évidemment nous interpelle aussi. C’est la raison pour laquelle nous avons invité le président du Comité Consultatif National d’Ethique, le Pr Jean-François Delfraissy qui est intervenu dans une conférence sur le sujet de la médecine du futur et des enjeux éthiques. 
Ensuite, l’autre question, c’est : une fois que nous aurons les Big data, comment les algorithmes seront-ils implémentés dans notre vie quotidienne de médecin ?
Elles le seront d’une façon progressive. On ne dira jamais au patient : « vous allez dans une machine, celle-ci va vous sortir une cartographie paramétrique et vous aurez votre diagnostic ». C’est tout simplement impossible. Il existera toujours des faux négatifs et des faux positifs, il faudra toujours un(e) radiologue pour analyser les résultats. L’IA ne remplacera jamais un médecin. En revanche, avec cette dernière, nous disposerons de plus de temps pour le patient.
Le radiologue est avant tout un médecin au cœur du parcours de santé.

Propos recueillis par François Petty
Crédit photo : DR

Portrait de la première interne à avoir choisi médecine générale

publiée le 15 octobre 2019

Classée 28ème aux ECNi, Aurélie Mégnien est la première interne à avoir choisi la médecine générale comme spécialité. Rencontre avec une future médecin généraliste convaincue.

23 ans et la vie devant elle. Une vie dans laquelle la médecine générale devrait bientôt tenir une place essentielle. C’est, en effet, la spécialité qu’a choisie Aurélie Mégnien, classée au 28ème rang des dernières Epreuves Classantes Nationales informatisées (ECNi). 

« Je sais qu’il n’est pas si fréquent, avec mon classement, de choisir médecine générale, mais je suis sûre de mon choix », explique la jeune femme, originaire du Val de Marne. Il faut dire que la décision s’est mûrie et construite au fil de ses différents stages d’externat. « Cardiologie, dermatologie, néphrologie… Tout m’intéressait et je n’arrivais pas à choisir un seul organe. La médecine générale s’est donc assez naturellement imposée comme une évidence, même si j’ai un temps hésité avec médecine interne ». 

Et quelle a été la réaction de sa mère, médecin, cadre dans l’industrie pharmaceutique, et de son père cardiologue, à l’annonce de cette décision ?  « Rien de particulier, maman m’a juste demandé si je ne craignais pas de m’ennuyer. Mais quand je lui ai expliqué les raisons de mon choix, elle a compris ce qui m’intéressait dans cette discipline ». 

C’était le dernier jour du stage d’Aurélie au cabinet de médecine générale et le praticien la laisse faire la consultation. Une femme se plaint de douleurs au ventre. Aurélie l’ausculte, la consultation se termine. Son maître de stage lui demande son diagnostic. « Sans doute une constipation, mais il y avait un truc bizarre ». Le généraliste confirmera plus tard, une fois la radio effectuée. Il s’agissait d’une grossesse extra-utérine. « Le pire, c’est que si cela s’était produit en stage à l’hôpital, je ne serais probablement pas passée à côté. J’aurais spontanément demandé l’avis d’autres confrères et fait réaliser des examens complémentaires. J’ai appris beaucoup avec cette consult’ et c’est un exemple de ce qui me plaît vraiment dans la médecine générale : Il faut être hyper-vigilant et ne pas risquer de passer à côté de cas graves ».

Maison de santé pluriprofessionnelle

publiée le 10 octobre 2019

Médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, masseur-kinésithérapeute, infirmière, orthophoniste, orthoptiste, pédicure-podologue… sont autant de professionnels de santé à pouvoir être intéressés par un exercice en commun. Pour répondre à leurs attentes et à l’évolution de notre système de santé, le Législateur a créé la Maison de Santé Pluriprofessionnelle (MSP) et la Société Interprofessionnelle de Soins Ambulatoires (SISA) afin de favoriser l’exercice interprofessionnel.
 
Depuis la loi Fourcade, du 10 août 2011 et le décret n°2012-407 du 23 mars 2012, les professionnels de santé libéraux peuvent se constituer en SISA. Relevant du régime des sociétés civiles, ce type de société combine certaines des principales caractéristiques de la société civile de moyens (SCM) qui permet de regrouper les moyens matériels (locaux, équipements, personnel…), et de la société civile professionnelle (SCP). 

Les deux finalités et le double intérêt de la SISA 

S’adressant aux professions médicales et paramédicales ainsi qu’aux pharmaciens, la SISA a une double finalité : 
  • mettre en commun des moyens nécessaires à l’activité
  • favoriser l’exercice d’activités réalisées en commun par ses membres
Concrètement, les professionnels de santé libéraux regroupés au sein d’une SISA seront à même : 
  • de facturer certains actes à l’assurance maladie dans le cadre des rémunérations prévues par la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST)
  • de percevoir des financements publics et de redistribuer ces sommes entre les associés. Les professionnels de santé libéraux regroupés au sein d’une SISA pourront ainsi :
    • obtenir de l’agence régionale de santé (ARS) des moyens pour favoriser la coordination thérapeutique (prise en charge concertée d’un patient entre un ou plusieurs établissements de santé publics et/ou privés et des professionnels libéraux de santé)
    • bénéficier d’un financement par l’ARS et/ou la Caisse primaire d’assurance maladie d’un programme d’éducation thérapeutique du patient, dont le but est d'aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique.

Percevoir collectivement des rémunérations forfaitaires 

Les SISA peuvent permettre à leurs associés de percevoir collectivement des rémunérations forfaitaires pouvant s’élever jusqu’à 76 300 € annuels, au titre de leurs activités réalisées en commun.
Ces rémunérations sont versées au titre de l’Accord Conventionnel Interprofessionnel (ACI) sur la coordination des soins et l’exercice regroupé, signé le 20 avril 2017, entres leurs représentants et l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam). 

Contribuer à mettre en commun les moyens nécessaires à l’activité des professionnels de santé

Introduites dans le code de la santé publique (article L6323-3) par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) du 19 décembre 2007, les MSP visent à permettre aux professionnels libéraux d’exercer collectivement.
Dotées de la personnalité morale, les MSP sont en effet constituées entre professionnels médicaux, paramédicaux ou pharmaciens afin de répondre aux nouveaux enjeux de santé et donc de renforcer l’offre de soins de proximité. Les professionnels de santé exerçant en leur sein doivent ainsi élaborer un projet de santé attestant de leur exercice coordonné.
A charge dès lors pour les professionnels engagés dans un projet de maisons de santé de conclure avec l’ARS un Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) afin de pouvoir bénéficier d’une aide financière de cette dernière.
Cette aide financière sera d’autant plus aisée à percevoir que la MSP sera organisée en société interprofessionnelle de soins ambulatoires (SISA).

Article réalisé en collaboration avec Maître Tangi Noël, docteur en droit et avocat au barreau de Rennes.

Service sanitaire

publiée le 03 octobre 2019

La rentrée universitaire 2019 marque le début de l’an 2 du service sanitaire. Cette année, il sera élargi à de nouvelles filières paramédicales sur la base du volontariat. En attendant une généralisation à tous les étudiants en santé en septembre 2020.

Officiellement créé en juin 2018, le service sanitaire était l’une des mesures phares annoncées par le président Macron dans le cadre du plan « Ma Santé 2022 ». D’une durée de six semaines, il fait, depuis un an, partie intégrante du cursus des étudiants en médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, sciences infirmières et kinésithérapie. 
Quel est le premier bilan chiffré de ce service d’un genre inédit qui vise à ce que des étudiants en santé effectuent, sur le terrain, des actions de prévention à destination de différents publics ?

Premier bilan chiffré

L’an dernier, quelque 50 000 futurs professionnels de santé ont effectué un service sanitaire, en mode collaboratif. Tous sont intervenus sur plus de 6 000 terrains de stage, constitués aux deux-tiers par des écoles primaires, des collèges et des lycées. Le reste par des établissements médico-sociaux : établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et centres d’action sociale. 
Quant aux sujets abordés, les thématiques concernaient majoritairement, les activités physiques, l’alimentation, l’hygiène et le sommeil, les addictions et la vie sexuelle. 
Signe des temps, on relèvera que, dans les collèges, le thème de l’addiction aux écrans a constitué une requête récurrente du personnel enseignant en termes de prévention, notamment à Grenoble. 

Place à l'acte 2

« Nous avons atteint 70% des objectifs que les pouvoirs publics nous avaient fixés », se réjouit le Pr Loïc Vaillant, pilote du dispositif. 
Pour autant ce dernier reconnaît quelques « couacs » initiaux, par exemple en matière de défraiement des frais de déplacements sur zone pour les « appelés », ou encore de déséquilibre en termes d’offres de stages entre zones urbaines et zones rurales. 

Des plates-formes internet permettant de mieux articuler offre et demande devraient, cette année, résoudre le problème. Une nécessité puisque cette année, le dispositif est prévu pour monter en puissance. « Sur la base du volontariat, élèves manipulateurs radio, ergothérapeutes, orthoptistes ou encore radio-prothésistes vont aussi participer, cette année, au service sanitaire », indique le Pr Vaillant. 
Pour mémoire, à la rentrée 2020, ce sont quelque 80 000 étudiants en santé qui devraient cette fois être concernés.



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