Les hommes et la profession de sage-femme

Publiée 21 novembre 2017

Une étude, publiée dans le dernier numéro de Santé en action, se penche sur les motivations des étudiants masculins en maïeutique.

Pour quelles raisons des hommes choisissent-ils de suivre une formation au métier de sage-femme ? Pour répondre à cette question, Alice Olivier, une doctorante en sociologie qui travaille pour le compte de l’Observatoire sociologique du changement de Sciences Po et pour l’Institut national d’études démographiques (Ined), a interrogé 31 étudiants en maïeutique. Ces observations ont été publiées dans le dernier numéro de Santé en action, la revue trimestrielle d’information de l’Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), paru le 24 octobre 2017.

Premier enseignement de l’enquête : les hommes suivent des études de sage-femme… par hasard. Alors que la majorité de leurs consoeurs souhaitent exercer cette profession dès le départ, la quasi-totalité des étudiants masculins découvrent ce métier à l’issue de la première année commune aux études de santé (Paces). D’ailleurs, suite à la mutualisation en 2002 des concours d’entrée, la proportion d’hommes dans le cursus de maïeutique est passée de 1,4% à 8,5% en l’espace d’un an.

Cursus par défaut

En réalité, la majorité des étudiants masculins se retrouvent à suivre une formation de sage-femme parce qu’ils n’ont pas été assez bien classés au concours pour entrer en médecine. Certains jeunes hommes voient aussi dans cette profession l’assurance d’une certaine stabilité professionnelle, voire d’une ascension sociale.
Loin de souffrir de leur minorité numérique (les hommes représentaient seulement 3% des effectifs des études de maïeutique en 2015), les étudiants masculins y trouvent plutôt un avantage. Plus « visibles », ils seraient davantage « chouchoutés » par les enseignantes, comme cet étudiant qui déclare avoir pratiqué seul des accouchements en fin de deuxième année alors qu’il faut attendre normalement la troisième année pour en réaliser.

Situation quelquefois compliquée

En revanche, la situation peut s’avérer plus compliquée avec les patientes. Certaines d’entre elles refusent en effet de se faire examiner par un homme. « Ceci entraîne parfois des frustrations pour les étudiants qui ont le sentiment de manquer des opportunités de formation, voire de faire l’objet de traitements discriminatoires », estime Alice Olivier.
Ceci dit, il ne faudrait pas trop noircir le tableau. D’abord, « ces refus sont rares et semblent surtout concerner les étudiants en début de formation, lorsqu’ils sont eux mêmes peu à l’aise dans une situation de soin qu’ils ne maîtrisent pas encore », observe la sociologue. En outre, les sages-femmes encadrantes prennent généralement la défense de l’étudiant durant la consultation. De toute façon, les étudiants masculins ne sont, compte tenu de leur genre, « jamais tout à fait des étudiants sages femmes comme les autres », conclut Alice Olivier.

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