Les étudiants en santé face au sexisme

Publiée 04 janvier 2018

Plus d’un tiers des internes déclarent avoir subi au moins une fois des attitudes sexuellement connotées. L’Intersyndicale nationale des internes formule 10 propositions pour combattre le sexisme à l’hôpital.
 
Les professions de santé se féminisent en France. Pourtant, les postes à responsabilité demeurent majoritairement occupés par des hommes dans le milieu hospitalier. Fort de ce constat et compte tenu de la multiplication des témoignages sur le sexisme à l’hôpital, l’Intersyndicale nationale des internes (ISNI) a décidé de lancer une grande enquête sur le sujet auprès de l’ensemble des internes français : Les études médicales sont-elles vraiment sexistes ? Les résultats ont été diffusés le 22 novembre 2017.

Sur les 2.946 internes (dont 75% de femmes) qui ont répondu au questionnaire mis en ligne par l’ISNI du 2 septembre au 16 octobre derniers, 34% des répondants déclarent avoir été confrontés au moins une fois à des attitudes sexuellement connotées. Pire : 8,2% des personnes interrogées disent avoir été victimes de harcèlement sexuel. Dans 50% des cas, il s’agissait de gestes non désirés.

De nombreux préjugés

Au final, 60,80% des femmes sondées estiment souffrir de sexisme. L’étude de l’ISNI montre notamment que l’on suggère davantage aux internes hommes d’effectuer un Master 2. Les postes de chef de clinique assistant (CCA) sont eux aussi, moins proposés aux femmes. Tous genres confondus, 55% des personnes sondées considèrent qu’il est plus difficile d’être une femme dans la relation médecin-patient.

Pour lutter contre le sexisme dans le milieu hospitalier, l’ISNI formule 10 propositions. En premier lieu, l’intersyndicale souhaite l’organisation d’une campagne nationale de sensibilisation au harcèlement sexuel au travail comprenant un volet spécifique aux hôpitaux. Elle serait relayée par le réseau des médecins du travail. Des affiches de sensibilisation au problème pourraient être diffusées dans les hôpitaux et les universités de médecine.

Une application pour signaler les cas de harcèlement

L’ISNI propose également le lancement d’une application mobile et d’un numéro unique d’appel national (comme il en existe pour le Samu ou les pompiers) pour pouvoir signaler anonymement des cas de harcèlement. Les signalements « devront être analysés au niveau local mais aussi régional pour mettre en place des mesures correctives », ajoute l’organisation.
L’intersyndicale se prononce en faveur d’un accompagnement juridique gratuit pour les victimes de harcèlement sexuel et ce, quel que soit leur statut. Les services juridiques des hôpitaux pourraient être sollicités pour effectuer et suivre les procédures judiciaires.

Des candidatures « anonymisées »

L’ISNI milite aussi pour la mise en place d’enquêtes nationales et régionales régulières sur le sexisme au quotidien. Les données pourraient servir à la création d’un registre et d’une veille nationale sur la question. Pour que les mères soient moins pénalisées dans leur carrière, l’ISNI veut le remplacement systématique des congés de maternité dans les hôpitaux.
L’organisation souhaite la mise en place, dès le premier cycle des études de santé, d’un enseignement spécifique sur les discriminations en général et le sexisme en particulier. L’ISNI préconise de rendre obligatoire l’anonymisation des candidatures aux postes hospitaliers et universitaires.
L’intersyndicale soutient la généralisation du « mentoring » (accompagnement par un praticien senior), plutôt réservé aujourd’hui aux internes hommes. Enfin, l’ISNI propose la création d’espaces d’échanges consacrés à la lutte contre les discriminations au sein des hôpitaux et des universités de médecine.



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