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Publiée 10 juillet 2018

Les découvertes médicales les plus marquantes des dix-huit derniers mois

Les progrès en matière de médecine ont de réelles répercussions sur la qualité de vie et la santé des patients. Partout dans le monde, des équipes de chercheurs et de médecins travaillent sur des thématiques diverses. Petit tour d’horizon des principales découvertes et premières réalisées au cours des derniers mois. 

Une greffe de trachée artificielle :

Une équipe médicale française menée par le professeur Emmanuel Martinod, chef du service de chirurgie thoracique de l’hôpital Avicenne de Bobigny, a mis au point une technique inédite de transplantation de la trachée. Les résultats de leur travail ont été présentés au mois de mai dernier, et ils constituent une vraie avancée.

Leur idée forte a consisté à transformer un morceau d’aorte (le plus grand canal sanguin du corps humain) issu de donneurs en une trachée (qui est un conduit du système respiratoire) par « l’ingénierie tissulaire ». 

L’expérience a été réalisée sur treize patients souffrant de pathologies incurables de la trachée et de lésions cancéreuses. Les opérations ont été effectuées entre 2009 et 2017. 

Les aortes ont été prélevées sur des donneurs décédés, et conservées grâce à la cryogénisation (c’est-à-dire à une température de – 80 °C). Leur tissu a été greffé à la place d’une trachée préalablement retirée, et renforcé par un « stent » (tuteur vasculaire), pour ne pas que l’aorte se referme sur elle-même. Plusieurs mois après l’implantation, le stent a été retiré, sans que cela ne provoque de complications chez les malades. 

Le taux de réussite de l’expérience s’est avéré excellent. Seul un patient est mort. Les autres respirent normalement, un d’entre eux faisant même du sport. 

Cette grande première, qui démontre que le corps est capable de se réparer lui-même, ouvre la voie à d’autres innovations dans le domaine de la transplantation d’organes.

La première opération de microchirurgie avec des « mains robot » :

Le lymphœdème consiste en un gonflement d’une partie du corps lié à une accumulation de liquide lymphatique dans les tissus. C’est un effet secondaire fréquent du traitement du cancer, par chirurgie ou radiothérapie. 
Pour soigner cet état grave, l’intervention est particulièrement difficile à réaliser compte tenu de l’extrême précision qu’elle demande. Rares sont d’ailleurs les chirurgiens qui la pratiquent, tant elle relève de la microchirurgie.

Une équipe de médecins du Maastricht University Medical Center, au Pays-Bas, l’a réalisée sur une patiente à l’aide de mains de robot. Ils ont utilisé un dispositif robotique pour suturer des vaisseaux lymphatiques de 0,3 à 0,8 millimètres dans un de ses bras. Avec succès. 


Le robot microchirurgie de Microsure. Crédit: Eindhoven University of Technology

Le robot est dirigé par un médecin dont les mouvements de la main se transforment en mouvements plus petits et plus précis qui sont ensuite répliqués sur le malade par un ensemble de « mains robotisées ». L’appareil permet aussi de stabiliser les petits tremblements dans les mouvements du chirurgien, ce qui rend la procédure plus contrôlée et donc plus facile à réaliser.



L’utilisation de robot devrait améliorer un grand nombre de procédures microchirurgicales et permettre de nouvelles interventions actuellement impossibles à réaliser manuellement. 

Des tests sanguins pour détecter tôt les huit cancers les plus fréquents

Et s’il était possible de détecter de manière universelle et à un stade précoce le cancer ? Des chercheurs américains et australiens de l’université Johns Hopkins de Baltimore ont fait une grande avancée dans ce sens, mais qui demande encore confirmation. 
Ils ont effectué un test sanguin expérimental, baptisé Cancer SEEK, sur 1.005 patients pour lesquels un cancer non métastasé avait déjà été diagnostiqué. Résultat : ils ont détecté les huit cancers les plus fréquents (ovaire, foie, estomac, pancréas, œsophage, côlon-rectum, poumon et sein) dans 70% des cas en moyenne. 

Pour les cancers de l’ovaire, du foie, de l’estomac, du pancréas et de l’œsophage, le taux de détection a oscillé de 69% à 98%. En revanche, il est moins élevé pour les tumeurs malignes du côlon-rectum et du poumon, et tombe même à 33% pour les cancers du sein. 
Le test sanguin a aussi été réalisé sur 812 individus ne présentant pas de cancer. Il n’a enregistré que sept fausses détections, soit un taux de fiabilité de 99%.

La méthode originale développée consiste à recourir à une combinaison de marqueurs, génétiques mais aussi protéiques, qui permet d’accroître la sensibilité du test (l’ADN des cellules cancéreuses se retrouve dans le sang) et de déterminer le tissu de l’organisme affecté.

Quelques nuances doivent être néanmoins apportées : ce test ne remplace pas les autres moyens de détection mais les complète, il est moins sensible pour les cancers à un stade le moins avancé, et le nombre de faux positifs pourrait s’avérer plus élevé en cas de maladies inflammatoires.

De nombreuses autres équipes de par le monde travaillent également sur ce sujet. D’autres progrès pourraient se produire dans les mois qui viennent. 

La première greffe de pénis et de scrotum :

Une greffe du pénis et du scrotum a été pratiquée au mois de mars de cette année à l’hôpital universitaire John Hopkins aux Etats-Unis sur un soldat américain blessé au cours d’une opération militaire en Afghanistan. Il s’agit d’une première au monde. 
Le pénis, le scrotum sans les testicules et une partie de la paroi abdominale venaient d’un donneur mort. La transplantation a duré quatorze heures et mobilisé neuf chirurgiens plastiques, et deux chirurgiens urologues.

L’opération est en effet complexe. Avec l’organe sont également prélevés chez le donneur décédé les corps caverneux qui composent les organes érectiles de la verge. La transplantation relève ensuite de la microchirurgie et exige beaucoup de précision car les artères qui irriguent la verge et provoquent l’érection sont de petits calibres. Il faut aussi connecter les nerfs qui conduisent l’influx de l’érection. 

Selon l’équipe chirurgicale, le bénéficiaire devrait retrouver des fonctions sexuelles et urinaires quasi-normales.  

De nombreux soldats sont victimes tous les ans de blessures génitales dues à des mines antipersonnelles. Cette greffe pourrait leur permettre de retrouver une vie normale. 

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