Le service sanitaire obligatoire

Publiée 28 février 2018

Annoncé par les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur fin février, le service sanitaire obligatoire entrera en vigueur dès la rentrée 2018. Dans un premier temps 47 000 étudiants en santé (médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, kinésithérapie et soins infirmiers) seront concernés par ce dispositif qui sera ensuite généralisé à d'autres filières santé à partir de la rentrée universitaire 2019.


Une première. Pas seulement nationale mais « européenne », a indiqué la ministre de la Santé Agnès Buzyn, en présentant les modalités du service sanitaire obligatoire. La teneur de ce nouveau module qui conditionnera l’obtention du diplôme pour les étudiants en santé sans pour autant rallonger la durée de leurs études ? Conduire des missions de prévention dans les services de santé scolaire des écoles et des lycées, les Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), les prisons ou les entreprises. Et ce, dès la prochaine rentrée 2018. 

D’une durée de trois mois à mi-temps (ou de six semaines à temps plein), ce service national d’un genre inédit devrait intervenir en deuxième année pour les futurs infirmiers, en quatrième année pour les dentistes, en cinquième année pour les pharmaciens, et en troisième année pour les médecins. 

Mais la formule reste souple puisqu’elle pourra aussi se faire sur un ou deux ans, afin de s’adapter aux emplois du temps des étudiants. A charge pour les ARS (Agences régionales de santé) et les recteurs d’Académie de recenser des lieux de stage. « Nous avons besoin de prévention partout », insistait ainsi la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal. Des actions de prévention qui dans un premier temps concerneront en priorité « la nutrition, les addictions, la vie affective et sexuelle, et la promotion de l’activité physique ».

Une inter-professionnalité bienvenue

Dans l’ensemble, les différents syndicats d’étudiants en santé semblent avoir plutôt bien accueilli l’annonce des deux ministres. De bon augure, puisque le service sanitaire a vocation à être élargi, à la rentrée 2019 cette fois, à d’autres filières de santé, comme les audioprothésistes, les orthophonistes, les diététiciens, les psychomotriciens, ou encore les manipulateurs d’électroradiologie. Outre les intérêts en termes de prévention - par exemple présenter concrètement les dangers de l’alcool, du tabac ou du cannabis -  c’est aussi « l’inter-professionnalité du service sanitaire » qui séduit les soignants de demain, puisque les apprentis médecins, infirmiers ou pharmaciens devront le faire conjointement. 

Des échéances vraiment rapides 

Mais une inquiétude demeure chez les « futurs appelés » : le calendrier retenu pour sa mise en musique, puisque sur les trois mois de stage, les étudiants devront suivre une formation afin d’acquérir les compétences nécessaires à leur intervention de terrain, réaliser cette dernière, et enfin effectuer un « debriefing » et recevoir une évaluation de la part de leur « référent sanitaire ». Les pouvoirs publics ont eu beau également annoncer qu’une première expérimentation du service sanitaire serait lancée à Angers, Caen, Clermont-Ferrand et Dunkerque (villes pionnières en ce domaine), dès le début du mois de mars, à fins d’évaluation estivale, certains représentants d’étudiants estiment que le délai est court pour un déploiement à grande échelle dès la prochaine rentrée…

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