Le rôle du médecin généraliste

Publiée 10 janvier 2018

Le nombre de patients atteints d’un cancer progresse et les médecins généralistes sont de plus en plus sollicités pour assurer leur prise en charge. Toutefois, les praticiens ne sont pas toujours bien informés et regrettent le manque d’échanges avec l’hôpital et l’oncologue.

Le dernier plan Cancer 2014-2019 a réaffirmé la place capitale du médecin généraliste dans le suivi des traitements cancéreux. D’ailleurs, les personnes souffrant d’un cancer représentent une part importante de la patientèle de ces praticiens. Selon une enquête publiée le 17 octobre 2017 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), un organisme dépendant du ministère des Solidarités et de la Santé, 55% des médecins généralistes ont déclaré avoir rempli en 2015 entre 1 et 9 demandes de mise en affection de longue durée (ALD) pour un cancer, 34% entre 10 et 20 demandes de mise en ALD et 11% plus de 20.
Il s’agissait à 27% d’un cancer du sein, à 16% du poumon, à 10% de la prostate, à 10% du colon-rectum, à 9% d’autres cancers digestifs. La moitié des patients concernés sont âgés de 60 à 79 ans et un tiers de 40 à 59 ans. Dans les trois quarts des cas, le médecin généraliste déclare avoir participé directement à l’annonce du diagnostic et, dans la moitié des cas, il a même été le premier à l’évoquer. Le rôle de ces praticiens est donc crucial, sachant que le nombre de Français souffrant d’un cancer ne cesse de progresser sous l’effet notamment du vieillissement de la population.

Peu sollicités par les spécialistes

Pour autant, ce rôle n’est pas toujours reconnu. 7% des médecins généralistes regrettent que les consignes de l’hôpital ou de l’oncologue ne leur parviennent pas dans les temps. 17% disent ne jamais être informés des éventuels effets secondaires des traitements. Pire : 32% ne savent pas ce qui a été dit au patient sur son pronostic. Encore plus grave : 35% des médecins généralistes ne sont jamais sollicités pour donner un avis sur la faisabilité du retour ou du maintien à domicile du malade.
Ce manque de communication est d’autant plus navrant que 70% des généralistes estiment que leur rôle est important dans le soutien psychologique du patient et dans l’accompagnement en fin de vie. Paradoxalement, ces professionnels sont peu formés à l’oncologie. A peine 11% des médecins généralistes interrogées par la Drees ont déclaré avoir suivi une formation diplômante en lien avec la cancérologie ou avoir un diplôme complémentaire. Seulement 16% d’entre eux sont membres d’un réseau de cancérologie ou de soins palliatifs.

Faible participation aux réunions de concertation

Du coup, les confrères spécialistes représentent la source d’information sur le cancer privilégiée pour 92% des généralistes sondés. 84% consultent les revues médicales nationales. 57% lisent les guides de bonnes pratiques édités par la Haute Autorité de santé (HAS) et 54% les référentiels régionaux de cancérologie. Plus de la moitié des médecins s’informent sur les sites internet et dans les revues internationales.
La participation à des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) est largement minoritaire : elle ne concerne que 10% des médecins généralistes interrogés et ce, quel que soit la zone de leur exercice libérale (rurale ou urbaine).

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