Entretien avec le médecin des Bleus, le Docteur Franck Le Gall

Publiée 23 juillet 2018


Entretien 


Champions du monde ! Une semaine après la victoire de l’équipe de France de Football, le responsable du staff médical des Bleus, dévoile, pour la Médicale, la façon dont son équipe et lui-même ont mené à bien leur mission : maintenir les joueurs dans leur meilleure forme possible lors de ce Mondial 2018. Retour d’expérience. 



La Médicale : Tout d’abord bravo, dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ? 

Dr Franck Le Gall : Merci. Je suis évidemment très, très heureux. Mais j’avoue aussi qu’aujourd’hui je suis assez content de pouvoir souffler, de retrouver une vie normale et de pouvoir partir en vacances avec mes proches. C’est important aussi. 


Pour quelle destination ?

Dr Franck Le Gall : Je vais redescendre sur Marseille, puis sans doute la Corse. Je vais retrouver mon frère et la famille. 


Comment devient-on responsable du staff médical de l’Equipe de France de Football ? 

Dr Franck Le Gall : Par un enchaînement de rencontres. J’ai fait mon internat à Rennes de 1990 à 1993 en Médecine physique et réadaptation et j’ai eu la chance d’y rencontrer l’ancien médecin de l’équipe de France de foot. Et comme je suis né dans un milieu de footballeurs, mon père était footballeur professionnel et ensuite kiné, j’étais donc intéressé tant par le milieu sportif que médical. Il se trouve qu’à la fin de mon internat, un poste se créait en même temps à Clairefontaine à la FFF. J’y suis allé en 1993, et après je me suis occupé des sélections de jeunes, des espoirs. Ensuite je suis parti à Lille comme médecin du LOSC, puis à l’OM. Enfin, comme j’avais une vingtaine d'années d’expérience dans le milieu, Didier Deschamps a pensé à moi lorsqu’il est devenu sélectionneur national en 2012. 


Combien de professionnels de santé composent le staff médical de l’équipe de France ? 

Dr Franck Le Gall : Le staff, c’est un médecin, quatre kinés et un ostéopathe. La moyenne d’âge est assez homogène, aux alentours de 50 ans. IIs ont tous quelque vingt-cinq ans d’expérience professionnelle et sont tous très bons, que ce soit dans le domaine de la rééducation ou de la réadaptation sur le terrain. Et tous ont travaillé ou travaillent encore avec des sportifs de haut niveau. 


Quelle est la spécificité du travail avec les sportifs de haut niveau ? 

Dr Franck Le Gall : Je ne vais pas parler des enjeux financiers, même s’ils existent, surtout dans le foot. La difficulté réside dans les enjeux liés à la compétition. Il faut faire ce qu’il faut dans un minimum de temps. Ce qui ne veut pas dire qu’on va faire n’importe quoi pour y arriver, mais on a une exigence de mettre tout en place pour que les délais de cicatrisation et de récupération et de retour sur le terrain soient les plus rapides possibles. C'est ça qui est sympa quand on s’occupe de sportifs de haut niveau. Ils ne cicatrisent pas plus vite que les autres, mais par contre, si vous mettez tout en œuvre -au lieu de faire trois séances de kiné d’une demi-heure ou d’une heure dans la semaine- à raison de trois heures par jour vous obtenez des résultats plus rapidement.  


Y-a-t-il eu une évolution dans les technologies auxquelles fait appel la médecine du sport ces dernières années ? 

Dr Franck Le Gall : Honnêtement, pas vraiment. Qu’il s’agisse des moyens de récupération ou de traitement mis en œuvre, dans toutes les pathologies qu’on peut rencontrer, je ne trouve pas qu’il y ait eu grand-chose de révolutionnaire.  

Même pas la cryothérapie qui a l’air d’être à la mode ?

Dr Franck Le Gall : C’est ce à quoi je pensais. Ce qui est très utilisé, c’est un appareil de froid-compression. Mais ce sont des choses qui existaient déjà il y a trente-quarante ans : les chaussettes de contention et le drainage, nous on le faisait mécaniquement à la main, ce qu’on continue à faire d’ailleurs. Quant au froid-compression, on le pratiquait avec une vessie ou une poche de glace avec une bande autour. Donc en termes de révolution... En revanche, ce qui est essentiel pour aborder la compétition, c’est le fait d’avoir une équipe médicale kinés- ostéo, vraiment compétente. La nôtre était excellente.

A vous entendre, le staff médical semble, en définitive, répondre à la définition traditionnelle du médecin de famille 

Dr Franck Le Gall : Peut-être. Il y a vingt-trois joueurs dans l’équipe, et effectivement, le plus important c’est l’investissement qu’on y met. Si au départ vous n’avez pas les techniques manuelles, que vous ne prenez pas les bonnes décisions sur la prise en charge du joueur, vous ratez quelque chose. Médecin de famille oui, on est forcément le médecin de famille pour tous ces joueurs, en tout cas ça a été le cas pour ces derniers cinquante-cinq jours en Russie.

Propos recueillis par François Petty


Crédit photo : Archives FFF

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