Comment les pays africains ont géré la crise du Coronavirus

Publiée 20 juillet 2020

coronavirus population innovation 

Le continent africain a jusqu’ici été relativement épargné par le Covid-19. Cela tient à la fois à des raisons structurelles, comme les modes de vie, mais aussi au Système D.

Selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), il y avait eu au 18 juillet dernier près de 15.000 morts liés au virus sur le continent, pour 700.000 cas et 369.000 rétablissements. Si ces chiffres sont à manier avec prudence, ils sont inférieurs à ceux comptabilisés en Europe. L’Afrique du sud et l’Egypte sont les pays les plus touchés.

Cette situation tiendrait aux modes de vie (moins de déplacements, plus d’activités en extérieur), à la jeunesse des populations et à un faible taux de pathologies aggravantes. D’autres raisons sont invoquées, comme l’expérience acquise par certains pays dans la lutte contre d’autres épidémies comme Ebola.

Pour contrer la montée du coronavirus, les populations ont rivalisé d’imagination. Elles ont ainsi réussi à combler certains manques des systèmes de santé, avec des innovations qui ont permis de produire de nouveaux outils (respirateurs, vêtement de protection) ou de mettre en place de nouveaux usages. 

Des outils à un coût abordable

Au Kenya, il a fallu moins de 3 jours à l’entreprise d’impression 3D Ultra Red Technologies pour finaliser un prototype de bandeau de protection qui, muni d’une feuille plastique constituait une visière. L’entreprise en a produit jusqu’à 500 par jour, le temps qu’un industriel plus important prenne le relais.

De leur côté, la Tunisie, la Côte d’Ivoire et le Maroc, se sont appuyés sur leurs filières textile pour produire des masques. 

Au Ghana, les universités de Kumasi et d’Accra ont mis au point un respirateur pour un prix inférieur à 1.000 euros, soit dix fois moins cher qu’une machine importée. La même prouesse a été réalisée à l’Université de Kenyatta à Nairobi, en relation avec des étudiants en ingénierie. Autant de respirateurs qui pourront aussi servir plus tard dans d’autres pathologies.


Dans la même veine, Mohamed Adawe, ingénieur et inventeur somalien de 21 ans a conçu un accessoire facilitant la réanimation cardio- respiratoire. 

De nouveaux usages

En Ethiopie, Ethio Telecom, qui compte plus de 60 millions d’abonnés, a eu la bonne idée de diffuser de brefs messages de prévention avant chaque appel de ses usagers. 

Au Ghana, le mauvais état du système routier avait conduit avant la crise une entreprise à utiliser des drones pour transporter du sang et des vaccins. Ce système a été étendu aux tests sur le Covid-19. Les échantillons prélevés dans les établissements de santé ruraux ont ainsi pu être envoyés aux laboratoires médicaux des deux plus grandes villes du pays en moins d'une heure. Cet outil a rendu possible un suivi en temps réel de la pandémie.

Au Rwanda, des robots humanoïdes capables de prendre la température et le rythme cardiaque des patients ont permis de réduire les interactions humaines dans les centres de traitement du coronavirus. 

L’Afrique supporte un quart de la charge de morbidité* mondiale, mais représente moins de 1 % des dépenses de santé et ne fabrique que 2 % des médicaments qu’elle consomme. La pandémie lui aura permis de montrer sa capacité d’adaptation.

*La charge de morbidité est un indicateur de santé, qui quantifie la perte de vies ou d'activité humaines pour cause de décès précoce, de maladie et d'incapacité.

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