Comment aider les aidants

Publiée 08 octobre 2018

Alors que vient de se tenir le 6 octobre la neuvième édition de la Journée nationale des aidants, La Médicale* a rencontré le délégué général du Collectif des aidants, à l’origine de l’organisation de cette journée qui compte des centaines d’événements destinés à aider et à accompagner celles et ceux qui s’occupent, au quotidien, d’un proche malade.

Le thème retenu par le collectif « Je t’Aide » pour la neuvième journée nationale des aidant·e·s a été choisi cette année par les principaux concernés. Il s’agit de leur propre santé. En effet, et ce n’est pas véritablement surprenant, les personnes qui accompagnent un proche malade sont nombreuses à déclarer que l’aide qu’ils apportent, a un impact sur leur santé. Déjà, en 2012, une étude de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques) relevait que « le stress, l’anxiété et le surmenage » étaient les trois premiers facteurs exprimés par les aidants. Et, selon le rapport de 2016 de la Ligue contre le cancer**, ils étaient 63%, dans le cas du suivi d’un proche atteint de cancer, à connaître des problèmes de sommeil.

Le retard français

« Contrairement à l’Angleterre qui a, dès les années 60-70, commencé à intégrer la prise en charge des aidants et à les doter d’un statut à part entière, nous avons pris du retard en France », diagnostique Olivier Morice, délégué général du Collectif « Je t’Aide ». Ce qui n’empêche pas les choses d’évoluer, petit à petit, pour les quelque 11 millions d’aidant·e·s que compte l’Hexagone. D’une part, des associations se sont créées, spontanément, et ont développé des automatismes. Comme faire ses premières demandes d’information auprès des CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) et des CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination). D’autre part, la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV, grave, en 2015, certaines dispositions dans le marbre. Dont la plus importante : elle confère désormais un véritable statut à l’aidant. Et une définition. 

L’avancée ASV

Un « aidant » est une personne qui vient en aide de manière régulière, à titre non professionnel, pour accomplir une partie ou la totalité des actes de la vie quotidienne d’une personne âgée en perte d’autonomie ». Conjoints, concubins, partenaires de Pacs ou encore parents peuvent ainsi bénéficier entre autres, d’un « droit au répit » et d’aides pour financer, par exemple, un séjour de leur proche dans un établissement d’hébergement temporaire, afin de pouvoir « souffler » un peu.  

Une « boîte à outils »

« Ce texte a indéniablement été un premier pas essentiel », admet Olivier Morice. Mais il est loin de tout régler. Trop souvent, encore, lorsqu’un salarié demande aujourd’hui un « congé de proche aidant », il n’est pas rémunéré. « En réalité, c’est un congé sans solde », relève le délégué général du collectif « Je t’Aide », dont les équipes ont travaillé à la mise en place d’un « kit des aidants », sorte de boîte à outils disponible sur le site internet de la journée nationale des aidants. « L’objectif est de mettre à leur disposition la marche à suivre pour, justement, prendre un congé spécifique, ou obtenir des allocations, ou encore savoir quel est le professionnel de santé le plus proche de leur domicile qui pourra faire une visite en fin de journée par exemple », conclut Olivier Morice.

BON À SAVOIR :

*Le Groupe Crédit Agricole Assurances (CAA), pionnier de l'engagement

Pour le Crédit Agricole, en tant qu’assureur, familier des questions liées à la dépendance et à la prévention, le choix d’un engagement auprès des aidants a été assez naturel. Pour autant, en 2010, le sujet était méconnu et peu porté par les pouvoirs publics. CAA a été l’une des premières entreprises à s’emparer du sujet. Cette intervention prend trois formes complémentaires : 

1- Un soutien financier des organismes d’intérêt général qui œuvrent auprès des aidants. Depuis 2010, un appel à projets national annuel a permis de soutenir 150 projets partout en France pour une enveloppe globale de plus de 2 millions d’euros.

2- Depuis deux ans, un accompagnement des associations lauréates dans le cadre d’une action de formation collective sur des problématiques qui leur sont propres : financement, rayonnement territorial, mise en place de partenariats locaux et nationaux, communication…

3- Dans l’offre dépendance de Crédit Agricole Assurances, le contrat prévoit un financement de 1000 euros de manière à financer le répit de l’aidant ainsi que des services divers comme une aide administrative.

** Observatoire sociétal des cancers, La Ligue contre le cancer, 2016, Rapport : Les aidants, les combattants silencieux du cancer p.8

Crédits photos @rawpixel

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