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Veille médico-juridique

LA RESPONSABILITE PROFESSIONNELLE DU RADIOLOGUE REMPLACANT

Le statut temporaire voire factuel de remplaçant induit une responsabilité professionnelle en tous points identiques à celle du praticien libéral installé. D’où l’importance, pour ce médecin remplaçant, de disposer d’un contrat d’assurance adapté à cette situation.

 

Les principes en droit

Lorsqu’un accident médical survient, le patient ou son ayant droit dispose de deux voies pour agir.

  1. Il demande réparation du préjudice subi. Cette réparation, financière fait intervenir l’assureur du médecin si la faute de celui-ci est démontrée. La procédure peut être amiable ou judiciaire, dans ce second cas devant un tribunal. Il s’agit de la responsabilité civile.
  2. Il porte plainte devant le procureur de la République. Nous nous situons alors sur le terrain de la sanction. Et pour que cette plainte soit recevable, puis pour que la justice puisse s’exercer « au nom du peuple français », la faute du praticien doit apparaître en violation d’une règle précise, essentiellement la blessure ou l’homicide par imprudence, la violation du secret médical. C’est la responsabilité pénale.

Ces règles de droit s’appliquent pour le praticien libéral installé comme pour son confrère (ou futur confrère) remplaçant.

 

La sinistralité

La sinistralité observée chez le radiologue remplaçant n’est pas innombrable pas plus d’ailleurs qu’elle ne l’est chez son confrère installé. Passons sur certains accidents comme la chute de la table d’examen ou l’écrasement des doigts dans le mécanisme de la table de radiologie et intéressons-nous à l’erreur de diagnostic – qui peut n’être pas fautive – et à la complication survenue dans le cadre de la conduite des soins. Sur l’aspect diagnostic, la réclamation naît le plus souvent de cancers, du sein ou bronchiques non décelés à la radiographie ou encore la méconnaissance de fractures. En ce qui concerne les complications, citons une embolisation au niveau carotidien qui entraînera le décès du patient (et des poursuites pénales qui n’aboutiront pas) ou encore ischémie médullaire consécutive à une artériographie.

A La Médicale, les réclamations formulées contre les radiologues libéraux sont voisines de 140 par an pour une mutualité de 2 500 praticiens. Moins de 10 % de ces réclamations ont trait à un geste pratiqué par un praticien remplaçant.

 

L’assurance du radiologue remplaçant

La loi du 4 /03 /2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé fait obligation aux professionnels de santé exerçant à titre libéral (statut juridique du remplaçant) « … de souscrire une assurance pour la responsabilité civile… » C’est une disposition de première importance. Tout praticien ne respectant ladite disposition exercerait alors son art illégalement et se verrait passible de poursuites pénales, outre l’obligation d’indemniser sur son propre patrimoine le patient victime d’un accident fautif. La loi efface ainsi la situation qui prévalait avant elle et au titre de laquelle, le plus souvent, l’assurance du praticien remplacé jouait de façon automatique sur le remplaçant. Chaque remplaçant doit avoir en mémoire la règle en cours avant de commencer à exercer.


Jean VILANOVA - Juriste - La Médicale